
crédit image @adobe stock / police nationale
Dans une affaire qui ressemble à un scénario de film, un quadragénaire du Wisconsin a orchestré sa propre disparition en laissant croire à un accident de kayak mortel. Son objectif? Refaire sa vie à l’étranger avec une femme rencontrée en ligne. Cette histoire rocambolesque a mobilisé les forces de l’ordre pendant près de deux mois avant que la vérité n’éclate au grand jour.
Un plan minutieusement élaboré pour disparaître
Ryan Borgwardt, 45 ans, a été condamné à une peine d’emprisonnement après avoir mis en scène sa propre mort en août 2024. Ce père de famille avait élaboré un stratagème complexe pour faire croire à un accident fatal sur un lac du Wisconsin.
L’homme avait laissé ses documents d’identité dans son kayak abandonné avant de s’enfuir discrètement à l’aide d’un radeau gonflable. Son plan ne s’arrêtait pas là : il avait préalablement souscrit une assurance-vie et demandé un passeport de remplacement.
La procureure dans cette affaire, Gerise LaSpisa, a souligné que le plan de Borgwardt « reposait sur sa mort dans le lac » et visait uniquement à satisfaire ses « désirs égoïstes ».
Un périple international pour rejoindre sa nouvelle flamme
De l’Amérique à la Géorgie
Après avoir quitté le Wisconsin, Borgwardt a entrepris un voyage complexe. D’abord en bus, puis en avion via Toronto et Paris, il a finalement atteint la Géorgie où l’attendait une femme d’origine ouzbèke qu’il avait rencontrée sur internet.
Ce voyage était l’aboutissement d’une relation virtuelle qu’il entretenait depuis un certain temps, tournant complètement le dos à sa vie de famille. Marié et père de trois enfants, il avait choisi d’abandonner ses responsabilités familiales pour cette nouvelle relation.
Des recherches coûteuses et infructueuses
Pendant ce temps aux États-Unis, les autorités ont déployé d’importants moyens pour retrouver celui qu’elles pensaient être une victime de noyade. Les recherches se sont poursuivies pendant 58 jours, mobilisant des ressources considérables.
Le coût total de cette opération s’est élevé à 30 000 dollars, une somme que Borgwardt a été condamné à rembourser intégralement.
L’enquête prend un tournant inattendu
Les premiers soupçons des enquêteurs sont apparus lorsqu’ils ont découvert la demande de passeport de remplacement et les conversations avec la femme ouzbèke. Ces éléments ont radicalement changé la nature de l’enquête.
Après plusieurs tentatives, les forces de l’ordre sont parvenues à entrer en contact avec Borgwardt et l’ont convaincu de revenir aux États-Unis en décembre.
Gerise LaSpisa a tenu à souligner « la détermination et le dévouement de nos forces de l’ordre » qui ont permis de résoudre cette affaire complexe.
Une sentence symbolique et des conséquences durables
Le juge Mark Slate a prononcé une peine particulièrement symbolique : 89 jours d’emprisonnement, soit exactement le nombre de jours écoulés entre la disparition de Borgwardt et le moment où les autorités ont finalement eu de ses nouvelles.
Cette sentence visait également à créer un « effet dissuasif sur toute autre personne qui envisage de simuler sa mort et d’induire en erreur les forces de l’ordre », selon les mots du juge.
L’avocat de Borgwardt, Erik Johnson, a affirmé que son client était revenu volontairement aux États-Unis « pour faire amende honorable » et qu’il « regrettait profondément la douleur qu'[il] a causée à sa famille, à ses amis ».
Initialement, Borgwardt avait plaidé non-coupable avant de changer de stratégie juridique en optant pour un « plaidoyer de non-contestation ». Sur le plan personnel, les conséquences ont été immédiates : son épouse a demandé le divorce dès son retour au pays.

un faible d’esprit ! 🙁