
Scène d'enquête après un attentat à Monaco
La principauté de Monaco a été le théâtre d’une tentative d’assassinat qui soulève de nombreuses questions. Un oligarque ukrainien et sa famille ont échappé de peu à la mort dans une explosion criminelle qui révèle aujourd’hui ses zones d’ombre. Les autorités ukrainiennes viennent de lever le voile sur des éléments troublants de cette affaire qui implique des agents du renseignement.
Une famille toujours entre la vie et la mort
Fin juin dernier, Vadim Ermolaev, homme d’affaires ukrainien, a été grièvement blessé aux côtés de sa femme et de son fils adolescent. L’explosion d’un engin piégé devant leur résidence monégasque a plongé les trois victimes dans un état critique.
Trois semaines après le drame, les membres de la famille demeurent hospitalisés. Leur pronostic vital reste engagé, témoignant de la violence de la déflagration qui les a frappés.
Des images accablantes dévoilées par la justice ukrainienne
Le vendredi 17 juillet, le parquet ukrainien a rendu publique une vidéo inédite de quarante secondes qui glacera le sang. Les images montrent une personne déposer un sac suspect devant la porte d’entrée de l’immeuble avant de s’éloigner rapidement.
La séquence se poursuit avec l’arrivée d’un homme, d’une femme et d’un adolescent devant la résidence. C’est à ce moment précis que la déflagration se produit, capturée par l’objectif de la caméra.
Un dispositif de surveillance prémédité
Selon le procureur général d’Ukraine, Rouslan Kravtchenko, les enquêteurs ont « récupéré l’un des éléments de preuve clés que les suspects avaient tenté de détruire ». Cette découverte constitue une avancée majeure dans l’enquête.
L’enregistrement provient « d’une caméra de surveillance installée au préalable à proximité du lieu du crime afin de s’assurer que le contrat avait bien été exécuté », a précisé Rouslan Kravtchenko. Cette révélation démontre le caractère parfaitement orchestré de cette tentative d’assassinat.
La suspecte principale retrouvée assassinée
Anastasiia Berezovska, âgée de 39 ans, est identifiée comme l’autrice présumée de l’attentat. Cette femme aurait pris soin de se grimer en homme pour déposer l’engin explosif, selon le procureur adjoint de la principauté monégasque.
De retour en Ukraine le 1er juillet, elle a été retrouvée criblée de balles début du même mois. Son élimination rapide soulève de sérieuses interrogations sur les commanditaires de l’opération.
Des connexions financières suspectes
Les investigations ont révélé qu’Anastasiia Berezovska avait établi des contacts avec deux hommes après son retour au pays. Des virements bancaires multiples en provenance de ces individus ont été effectués sur ses comptes, suggérant une rémunération pour ses services.
Le procureur adjoint monégasque avait déjà indiqué qu’elle « semblait ne pas avoir agi seule » dans la perpétration de cet acte criminel.
Des agents du renseignement dans le collimateur
Deux autres suspects ont été interpellés par les autorités ukrainiennes. Parmi eux figurent un ancien membre des forces de police et un employé de la direction générale du renseignement (GUR) du ministère de la Défense ukrainien.
Ce dernier a reconnu avoir assassiné Anastasiia Berezovska. Il affirme toutefois avoir agi de sa propre initiative, sans que ses supérieurs hiérarchiques n’aient été informés de ses agissements.
Cette affaire met en lumière les méthodes troubles employées dans le cadre de règlements de comptes internationaux, où les services de renseignement semblent jouer un rôle trouble.
