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Les espoirs d’apaisement du conflit se heurtent à une réalité explosive sur le terrain. Moins de 24 heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de trois jours annoncé par Washington, Kiev et Moscou échangent des accusations de violations caractérisées de cette trêve fragile.
Un déluge d’accusations dès les premières heures
Dès le samedi 9 mai, l’état-major ukrainien a dénoncé une multiplication des offensives russes. « Depuis le début de la journée, le nombre d’attaques menées par l’agresseur a atteint 51 », ont fait savoir les autorités militaires de Kiev.
Paradoxalement, l’aviation ukrainienne a relevé un léger recul de l’activité aérienne adverse, avec 44 drones lancés depuis vendredi 18 heures (15 heures GMT), « soit le niveau le plus faible depuis des mois ». Ces engins volants russes ont néanmoins causé la mort de deux civils et fait trois blessés dans les régions de Zaporijjia et de Dnipropetrovsk.
Moscou dénonce des attaques ukrainiennes
De son côté, le ministère russe de la Défense a riposté en affirmant que « malgré la déclaration de cessez-le-feu, des groupes armés ukrainiens ont lancé des attaques à l’aide de drones et d’artillerie contre les positions de nos troupes », sans toutefois préciser le nombre exact d’incidents.
Dans la région russe de Belgorod, frontalière du territoire ukrainien, trois personnes ont été blessées lors d’une attaque de drones ukrainiens, selon le gouverneur régional Viatcheslav Gladkov.
Une initiative américaine déjà fragilisée
Cette trêve avait été annoncée vendredi soir par le président américain Donald Trump, qui avait négocié cet arrangement entre les deux belligérants. Sur sa plateforme Truth Social, il avait écrit : « Espérons que ce soit le début de la fin d’une guerre très longue ».
Kiev et Moscou avaient tous deux confirmé leur acceptation de cette pause dans les combats, qui devait s’accompagner d’un « échange de prisonniers de 1.000 détenus de chaque pays », selon les termes annoncés par Trump.
Des trêves précédentes déjà avortées
Ce cessez-le-feu intervenait après deux tentatives de trêves – l’une ukrainienne, puis une russe – qui n’avaient pas été respectées au cours de la semaine écoulée.
Des divergences majeures sur les modalités
Samedi, Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin, a affirmé qu’il « n’avait pas été convenu que cette trêve se prolonge », jetant un doute sur la suite des événements au-delà des trois jours initialement prévus.
Plus troublant encore, Vladimir Poutine a assuré que la Russie « n’avait toujours pas reçu de proposition de la part de l’Ukraine concernant l’échange de prisonniers annoncé vendredi par le président américain Donald Trump ».
Le président russe a déclaré aux journalistes : « Nous comptons sur la partie ukrainienne pour répondre à la proposition faite par le président des États-Unis. Malheureusement, nous n’avons toujours reçu aucune proposition à ce jour ».
