
Tensions nucléaires au Moyen-Orient : alerte maximale
Le conflit au Moyen-Orient franchit un nouveau cap alarmant. Alors que les échanges de frappes entre Israël et l’Iran s’intensifient depuis deux mois, la situation régionale bascule dans une spirale dangereuse. Entre attaques sur des installations nucléaires, menaces sur le détroit d’Ormuz et multiplication des incidents touchant plusieurs pays, la communauté internationale appelle à la retenue.
Des frappes israéliennes ciblent les sites nucléaires iraniens
À l’aube du 28 mars, une dizaine d’explosions violentes ont retenti à Téhéran. L’armée israélienne a revendiqué des frappes visant « des cibles du régime » dans la capitale iranienne. Mais c’est surtout la multiplication des attaques contre les installations nucléaires qui inquiète.
La centrale de Bouchehr, située dans le sud du pays, a été frappée pour la troisième fois en dix jours. Si aucun dommage sur le réacteur actif ni émission de radiation n’ont été signalés, l’AIEA a lancé un appel urgent « à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d’un accident nucléaire ».
Selon les sources israéliennes, deux autres sites nucléaires stratégiques auraient été visés dans le centre de l’Iran : le réacteur à eau lourde d’Arak et une usine de traitement d’uranium dans la province de Yazd.
L’Iran brandit la menace du détroit d’Ormuz
Face aux pressions américaines, Téhéran hausse le ton. Le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani a promis une réaction économique cinglante : « Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole ».
Plus préoccupant encore, un responsable sécuritaire iranien a prévenu que toute opération militaire dans le détroit d’Ormuz entraînerait sa « fermeture immédiate pour une durée indéterminée ». Une telle décision paralyserait une partie cruciale du commerce pétrolier mondial.
La République islamique a également appelé les civils à se tenir éloignés des forces américaines au Moyen-Orient et à éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.
Des victimes civiles et militaires dans toute la région
Israël frappé par des missiles iraniens
À Tel-Aviv, les tirs de missiles iraniens ont fait au moins un mort, un homme de 52 ans, et quatre blessés. Des explosions ont également retenti à Jérusalem suite à une alerte aux missiles.
Drame au Liban : journalistes et famille civile tués
Dans le sud du Liban, une frappe israélienne a coûté la vie à trois journalistes libanais dans la région de Jezzine : une correspondante d’Al-Mayadeen, un correspondant d’Al-Manar, et le frère caméraman de la journaliste.
Près de Saïda, une tragédie a frappé une famille civile. Un bébé de cinq mois et sa mère ont été retrouvés morts dans les décombres de leur maison après une frappe israélienne. Un père et trois enfants âgés de 6 à 10 ans ont également péri.
Bases américaines prises pour cible
En Arabie Saoudite, une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan a blessé au moins 12 soldats américains, dont deux grièvement. Aux Émirats arabes unis, cinq personnes de nationalité indienne ont été blessées lors d’un incendie provoqué par des débris d’interception de missile.
L’Irak au cœur des tensions régionales
Emmanuel Macron a appelé à « tout faire » pour « éviter que l’Irak ne soit entraîné dans l’escalade en cours ». Le président français a affirmé que « La souveraineté de l’Irak, et du Kurdistan en son sein, sont indispensables à la stabilité régionale ».
Cette déclaration fait suite à une attaque de drone sur la résidence du président du Kurdistan irakien Nechirvan Barzani à Dohouk, qualifiée d’« inacceptable » par le chef de l’État français. Macron a indiqué que « Ce développement très préoccupant s’ajoute à une recrudescence des attaques contre les institutions irakiennes ».
À Erbil, une forte explosion a retenti près de l’aéroport international, où sont basés des conseillers américains de la coalition antijihadiste. Des factions pro-iraniennes revendiquent quotidiennement des dizaines d’attaques de drones et tirs de roquettes contre la présence militaire américaine.
Face à cette situation, Washington et Bagdad ont annoncé « renforcer leur coopération » sécuritaire avec la création d’un « haut comité conjoint » pour « empêcher les attaques » par des groupes irakiens pro-iraniens.
Multiplication des incidents dans le Golfe
Au Koweït, l’aéroport international a été visé par des drones, causant d’importants dégâts au système radar sans faire de victimes. À Oman, le port de Salalah a été évacué et ses opérations suspendues pendant 48 heures après une attaque de drone. L’armée iranienne a revendiqué avoir visé un navire logistique américain près du port.
Les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre, visant des sites militaires au missile.
Guerre de l’information : l’Ukraine démentie par l’Iran
L’Iran a affirmé avoir ciblé et détruit un dépôt de systèmes anti-drones ukrainiens à Dubaï, prétendant qu’il soutenait les forces américaines. Kiev a vigoureusement démenti, qualifiant cette affirmation de « mensonge » et de « désinformation ».
Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Gueorguiï Tykhy, a déclaré : « C’est un mensonge, nous démentons officiellement cette information. Le régime iranien mène souvent ce type d’opérations de désinformation — et, en cela, il n’est pas différent des Russes ».
Les États-Unis entre diplomatie et menace militaire
Washington affiche une double posture. L’émissaire américain Steve Witkoff a déclaré « espérer » tenir des discussions cette semaine avec l’Iran : « Nous pensons qu’il y aura des réunions cette semaine, nous l’espérons vraiment ».
Parallèlement, le chef de la diplomatie Marco Rubio évoque une fin prochaine des opérations, affirmant que l’Iran serait « plus affaibli qu’ils ne l’ont été dans l’histoire récente » une fois que les États-Unis « en auront fini » avec eux. Selon lui, les objectifs peuvent être atteints sans troupes au sol.
Pourtant, le Wall Street Journal et Axios indiquent que Washington envisagerait d’envoyer au moins 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Donald Trump a même menacé de ne pas venir en aide à l’OTAN en cas d’attaque iranienne.
