
Maison-Blanche-Réunion-Privée
Les armes se sont provisoirement tues entre Israël et le Liban. Mais derrière ce fragile cessez-le-feu se dessinent déjà les contours d’un bras de fer diplomatique. Entre violations rapportées, retour massif de civils déplacés et tractations internationales, la région retient son souffle. Au cœur de ces enjeux, une rencontre inédite à la Maison-Blanche pourrait redéfinir l’équilibre régional.
Un président libanais déterminé face à Israël
Le président Joseph Aoun a multiplié les déclarations fortes depuis l’entrée en vigueur de la trêve, vendredi 17 avril à minuit. Selon lui, le Liban œuvre désormais pour « un accord permanent » avec son voisin du sud.
Loin de considérer ces négociations comme un aveu de faiblesse, le chef d’État libanais affirme que son pays « a repris le pouvoir de décision du Liban pour la première fois depuis près d’un demi-siècle ». Il promet de ne pas « céder un iota du territoire national ».
Ses objectifs sont clairement définis : « consolider le cessez-le-feu, d’obtenir le retrait des forces israéliennes des territoires du sud occupés, de récupérer les prisonniers et de traiter les contentieux frontaliers ». Une feuille de route ambitieuse pour un pays qui refuse d’être « le théâtre des guerres de qui que ce soit ».
Trump convoque Netanyahou et Aoun à Washington
Le président américain Donald Trump a annoncé une rencontre historique entre Benyamin Netanyahou et Joseph Aoun à la Maison-Blanche « dans les quatre ou cinq prochains jours ».
Dans une déclaration fracassante, Trump a affirmé avoir interdit à Israël de bombarder le Liban : « Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des États-Unis. Ça suffit!!! ».
Des violations dès les premières heures de la trêve
L’armée libanaise a dénoncé des « actes d’agression » israéliens peu après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Un média d’État fait même état d’un mort dans une frappe au sud du pays.
Le Hezbollah a riposté en ciblant des soldats israéliens, justifiant son action « en réponse à la violation du cessez-le-feu par l’armée d’occupation ». Le mouvement chiite garde « le doigt sur la gâchette » face aux possibles infractions israéliennes.
Quelques minutes avant la trêve, des frappes sur Tyr avaient déjà tué au moins 13 personnes et blessé 35 autres, rappelant la violence des derniers instants du conflit.
Israël maintient sa posture offensive
Du côté israélien, le ton reste ferme. Benyamin Netanyahou a prévenu qu’Israël n’a « pas encore fini le travail » contre le Hezbollah. Le ministre de la Défense Israël Katz confirme que l’opération militaire n’est « pas terminée ».
L’État hébreu se réserve le droit de frapper le Hezbollah pour contrer des attaques « planifiées, imminentes ou en cours ». Une zone de sécurité de 10 kilomètres le long de la frontière sera maintenue.
Des centaines de milliers de civils regagnent leurs foyers
Malgré les avertissements israéliens, des centaines de milliers de Libanais déplacés sont retournés dans le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth.
Le ministre israélien de la Défense a pourtant averti que ces civils pourraient devoir être évacués à nouveau si les combats reprennent. Emmanuel Macron a exprimé sa « préoccupation » face à cette fragilisation du cessez-le-feu par « la poursuite d’opérations militaires ».
Un bilan humain dramatique
Entre le 2 mars et le cessez-le-feu, près de 2300 personnes ont péri au Liban sous les frappes israéliennes. Parmi elles, 274 femmes, 177 enfants et 100 personnels de santé.
Le nombre de blessés s’élève à 7544. Du côté israélien, quinze personnes sont décédées durant cette période.
Trump évoque un accord imminent avec l’Iran
Le président américain a affirmé qu’un accord avec l’Iran pourrait intervenir « d’ici un jour ou deux ». Selon lui, Téhéran souhaite le rencontrer et se trouve « très proche » d’un accord de paix.
Trump assure qu’il n’existe « pas de points de blocage » et qu’il recherche un accord « écrit ». Il affirme également que l’Iran a accepté de suspendre indéfiniment son programme nucléaire, sans recevoir de fonds gelés américains.
Téhéran dément catégoriquement
L’Iran a fermement nié avoir accepté le transfert de ses stocks d’uranium enrichi. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, déclare : « L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part. Tout comme le sol iranien est sacré à nos yeux, cette question revêt une grande importance pour nous ».
L’ambassadeur iranien en France, Mohammad Amin Nejad, renchérit : « Notre programme d’enrichissement nucléaire était pacifique ». Le blocus américain sur les ports iraniens restera en vigueur jusqu’à signature d’un accord.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions
Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré le détroit « complètement ouvert » aux navires commerciaux pour la durée du cessez-le-feu. Trump a salué cette décision et affirmé que l’Iran s’engageait à « ne plus jamais fermer le détroit d’Ormuz ».
Mais la télévision d’État iranienne précise que les mouvements des navires militaires « restent interdits ». Seuls les bâtiments civils peuvent franchir le passage avec l’autorisation de la marine des Gardiens de la Révolution.
Une mission internationale en préparation
Une conférence réunissant une trentaine de participants s’est tenue à Paris, à l’initiative d’Emmanuel Macron et Keir Starmer. L’objectif : mettre en place une mission de sécurisation de la navigation.
Les dirigeants européens exigent « la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle, par toutes les parties, du détroit d’Ormuz » et « la restauration des conditions de libre passage ». Ils rejettent tout système de péage équivalant à une « privatisation du détroit ».
Giorgia Meloni confirme que l’Italie participera à une mission navale internationale, mais celle-ci devra attendre « une cessation des hostilités ». Keir Starmer annonce que « plus d’une douzaine de pays » ont proposé leur contribution à cette mission « pacifique et défensive ».
Trump rejette l’aide de l’Otan
Le président américain a vertement écarté la proposition de l’Otan concernant le détroit d’Ormuz, leur demandant de « garder leurs distances » et les qualifiant de « TIGRE DE PAPIER! ».
Répression intensifiée en Iran
Une « inquiétante accélération des condamnations à mort » est observée en Iran. Bita Hemmati, une jeune manifestante, a été condamnée à mort pour « avoir mené des actions pour le compte des États-Unis et des groupes hostiles », avec des soupçons de torture.
Le régime iranien poursuit également ses opposants à l’étranger. La capitaine de l’équipe féminine de football, Zahra Ghanbari, a vu ses biens saisis pour « trahison à la nation ». Trois Britanniques ont été inculpés pour une tentative d’incendie contre la chaîne Iran International à Londres.
Les marchés réagissent positivement
Les Bourses européennes ont accéléré leurs gains suite à l’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz. Des spéculations ont émergé concernant d’éventuelles opérations boursières précédant les déclarations de Donald Trump sur l’Iran.
