
Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient, l’administration Trump multiplie les initiatives diplomatiques. Entre prolongation du cessez-le-feu au Liban, nouvelle mission au Pakistan et mise au point sur l’arme nucléaire, Washington tente de reprendre la main sur un dossier brûlant qui menace l’équilibre géopolitique et économique mondial.
Une mission diplomatique américaine envoyée au Pakistan
Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires du président Donald Trump, s’envoleront samedi pour le Pakistan. Leur objectif : relancer les discussions avec Téhéran dans l’espoir de mettre un terme aux hostilités régionales.
La porte-parole de la Maison Blanche a confirmé le déplacement : « Je confirme que l’émissaire spécial Witkoff et Jared Kushner partiront de nouveau pour le Pakistan demain matin afin de tenir des pourparlers (…) avec des représentants de la délégation iranienne ». Le vice-président JD Vance ne participera pas à cette mission.
La trêve israélo-libanaise prolongée mais fragile
Donald Trump a annoncé une extension de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Sur son réseau, il a écrit : « Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES ».
Malgré cet accord, la situation reste volatile. Deux personnes ont été tuées dans une frappe israélienne dans le sud du Liban après la prolongation de la trêve. L’armée israélienne a également lancé un appel à évacuer un village du secteur.
Un drone israélien abattu par le Hezbollah
Les forces israéliennes ont reconnu la perte d’un appareil : « Il y a peu, un aéronef télépiloté de l’IDF (l’armée israélienne, NDLR) a été abattu dans le sud du Liban à la suite du tir d’un petit missile sol-air par l’organisation terroriste Hezbollah ».
Le Hezbollah a revendiqué l’interception de ce drone au-dessus de la région de Tyr. Benjamin Netanyahu a aussitôt accusé le mouvement chiite de vouloir « saboter » les efforts de paix. « Nous avons entamé un processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban, et il nous paraît évident que le Hezbollah essaie de le saboter », a-t-il affirmé.
Un Casque bleu indonésien décédé
Les forces onusiennes de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) ont annoncé le décès d’un Casque bleu indonésien, blessé le 29 mars lors d’une attaque contre sa base.
Trump mise sur une rencontre Netanyahu-Aoun
Le président américain s’attend à ce que Benjamin Netanyahu et le dirigeant libanais Joseph Aoun se rencontrent « dans les semaines à venir ». Une deuxième session de pourparlers impliquant des représentants israéliens et libanais est prévue à la Maison Blanche.
Trump a affirmé qu’il existait une « très bonne chance » de parvenir à un accord de paix entre les deux pays cette année.
L’Espagne dans le viseur de Washington
Des informations de presse évoquent des réflexions américaines concernant une suspension de l’Espagne de l’OTAN, en représailles à son opposition à la guerre contre l’Iran. Madrid a notamment refusé l’utilisation de bases militaires en Andalousie pour des attaques aériennes.
Le Premier ministre Pedro Sánchez s’est voulu rassurant. « L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’Otan et nous remplissons nos obligations envers l’Alliance », a-t-il déclaré, ajoutant : « Donc, pas d’inquiétude ».
Il a précisé : « Nous ne travaillons pas sur la base d’e-mails (…), nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des Etats-Unis formule ». « La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale ».
Donald Trump a menacé Madrid de « cesser tout commerce » entre les deux pays après le refus espagnol. Le gouvernement de Sánchez s’oppose à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis fin février.
Le détroit d’Ormuz, enjeu stratégique mondial
Le président du Conseil européen Antonio Costa a réclamé la réouverture immédiate de ce passage maritime vital. « Le détroit d’Ormuz doit être rouvert immédiatement, sans restrictions et sans péage, dans le plein respect du droit international et du principe de liberté de navigation. C’est vital pour le monde entier », a-t-il martelé.
Le marché du GNL menacé pour deux ans
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a lancé une alerte concernant les répercussions du conflit sur la production de gaz naturel liquéfié. Le marché restera « tendu » en 2026 et 2027.
Les dommages aux infrastructures de liquéfaction, notamment au Qatar, devraient retarder l’expansion de la production mondiale de GNL d’au moins deux ans. L’AIE anticipe une perte cumulée d’environ 120 milliards de mètres cubes entre 2026 et 2030.
L’agence appelle à « renforcer la sécurité de l’approvisionnement mondial de GNL » et à une « coopération internationale » renforcée. Elle recommande aux importateurs de diversifier leurs contrats à long terme.
Autre conséquence inattendue : le prix des préservatifs pourrait augmenter en raison de la guerre en Iran.
Incidents frontaliers au Koweït
Deux drones en provenance d’Irak ont ciblé des postes-frontières dans le nord du Koweït. L’armée koweïtienne a indiqué : « Ce matin, deux postes-frontières à la frontière nord du Koweït ont été ciblés par un acte criminel d’agression impliquant deux drones chargés d’explosifs (…) en provenance de la République d’Irak, entraînant des dommages matériels mais (…) aucune victime ».
Trump écarte l’option nucléaire
Interrogé sur une éventuelle utilisation de l’arme atomique contre l’Iran, Donald Trump a catégoriquement démenti. « Non, je ne l’utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d’utiliser l’arme nucléaire », a-t-il déclaré.
Il a poursuivi : « Nous n’en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle? ».
Ces précisions interviennent après des rumeurs concernant une tentative d’activation des codes nucléaires le 18 avril.
Macron appelle à la stabilité régionale
Emmanuel Macron a plaidé pour un retour rapide de la stabilité au Moyen-Orient. « Je pense que nous avons tous intérêt à ce que le plus vite possible, la stabilité revienne et que les économies du monde soient apaisées », a-t-il déclaré.
Cette sortie fait écho aux propos de Trump, qui affirmait la veille avoir « tout le temps du monde » pour négocier une paix avec l’Iran.
