
Crédit image @copie écran émission 4V Bally Bagayoko
Une décision controversée qui devait indemniser des fonctionnaires municipaux ayant participé à un mouvement social a rapidement été annulée sous la pression de l’autorité préfectorale. L’élu de Seine-Saint-Denis se retrouve au cœur d’une polémique politique et juridique qui dépasse largement le cadre de sa commune.
Une promesse rapidement avortée
Bally Bagayoko, maire La France insoumise de Saint-Denis, avait initialement prévu de rémunérer les agents de sa commune qui avaient cessé le travail le 29 septembre dernier. Cette journée de grève s’inscrivait dans une mobilisation nationale pour la fonction publique.
L’objectif affiché par l’élu était de manifester son soutien à ce mouvement social. Une démarche qui ne laissait pas indifférent le représentant de l’État dans le département.
L’intervention du préfet met fin au projet
Le préfet de Seine-Saint-Denis n’a pas tardé à réagir face à cette annonce. Il a directement alerté le maire sur l’illégalité de cette mesure, en rappelant un principe fondamental de la fonction publique.
Selon le Code général de la fonction publique, les fonctionnaires perçoivent leur rémunération uniquement sur la base du « service fait ». Le représentant de l’État a menacé de porter l’affaire devant le tribunal administratif.
Face à cette mise en garde, Bally Bagayoko a fait machine arrière. Il a confirmé que les règles de droit commun seraient finalement appliquées, entraînant ainsi une retenue sur salaire pour les agents grévistes.
Une lettre officielle pour clore le dossier
Le préfet Julien Charles a formalisé la fin de cette affaire en adressant un courrier au maire de Saint-Denis, actant ainsi le respect de la légalité.
Des déclarations sur la violence qui font polémique
Au-delà de la question de la rémunération des grévistes, Bally Bagayoko s’est retrouvé au centre d’une autre controverse liée à ses propos sur l’usage de la violence.
Devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, l’élu a pris position en faveur de la mobilisation lycéenne. Il a alors tenu des propos qui ont provoqué une vive réaction : « la violence peut être légitime » dans certains contextes, même s’il considère préférable de l’éviter.
Une saisine de la justice
Ces déclarations, notamment lorsqu’elles évoquent une violence qui pourrait être légitime contre les forces de l’ordre, ont conduit le préfet de police Patrice Faure à saisir la justice.
Des accusations ont également été formulées concernant la responsabilité du maire dans les dégradations survenues lors de manifestations de lycéens dans sa commune.
Des attaques politiques virulentes
Éric Ciotti, maire UDR de Nice, n’a pas manqué de s’emparer de l’affaire pour critiquer vertement son homologue dionysien. Il accuse Bally Bagayoko d’« attiser la violence ».
L’élu niçois va plus loin en dénonçant un « double discours » de l’exécutif vis-à-vis de La France insoumise. Il exprime ses craintes d’une « dictature sanguinaire » si le mouvement politique accédait au pouvoir.
