
François Bayrou ©Capture d'écran LCP
La condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire a provoqué une onde de choc dans la sphère politique. Cette décision de justice, qui s’applique immédiatement malgré l’appel déposé par l’intéressée, empêche la députée de briguer une nouvelle candidature à la présidentielle. Face à cette situation, l’Union des droites pour la République (UDR), par la voix de son président Éric Ciotti, a annoncé le dépôt d’une proposition de loi visant à supprimer l’exécution provisoire des peines d’inéligibilité. Cette initiative sera débattue le 26 juin prochain dans le cadre de la niche parlementaire du groupe. Si elle venait à être adoptée, elle pourrait avoir un effet rétroactif sur la situation de Marine Le Pen, ce qui relancerait ses ambitions politiques. De son côté, le Rassemblement national dénonce une condamnation arbitraire et une tentative d’élimination politique.
François Bayrou soutient la magistrature mais souhaite «une réflexion» sur la peine prononcée
Lors de la séance de questions au gouvernement, le Premier ministre François Bayrou s’est exprimé sur cette affaire en reconnaissant que la question de l’exécution provisoire méritait une réflexion parlementaire. Selon lui, cette disposition prive les condamnés d’une possibilité de recours effectif, ce qui pose un problème d’équité judiciaire. Toutefois, il a tenu à dissocier le débat juridique de la condamnation proprement dite de Marine Le Pen, affirmant son soutien total à l’indépendance de la justice. Par ailleurs, les magistrats ayant prononcé cette décision font l’objet de menaces, ce qui a conduit le gouvernement à rappeler la nécessité de respecter les institutions judiciaires. En effet, Bénédicte de Perthuis, présidente de l’audience qui est sous le feu des critiques de bon nombre de grands juristes, y compris de gauche, pour avoir prononcé une décision sans fondement juridique et allant à l’encontre de la rétroactivité de la sanction pénale, n’a pas caché avoir été grandement influencée, dans sa vie de magistrate, par Eva Joly.
Le ministre de la Justice s’est aussi prononcé pour un procès en appel le plus rapide possible
Sur le plan judiciaire, la cour d’appel de Paris a indiqué qu’un nouveau procès pourrait se tenir avant l’été 2026, laissant entrevoir la possibilité d’une révision de la peine. Cette perspective est perçue comme une lueur d’espoir pour les partisans de Marine Le Pen, qui considèrent cette condamnation comme une «peine de mort politique» orchestrée pour l’écarter du jeu électoral. La présidente du groupe RN à l’Assemblée a annoncé mercredi avril saisir le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Du côté de l’opposition, certains voient dans cette affaire une occasion de questionner l’impartialité de la justice, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de respecter l’état de droit et les décisions de justice. L’évolution de ce dossier sera donc scrutée de près dans les mois à venir, tant par les observateurs politiques que par les électeurs en vue des prochaines échéances électorales. La crainte des opposants de Marine Le Pen est est que cette décision ne fasse que croître la popularité de la députée du Nord la posant en victime d’une magistrature très largement pilotée par l’extrême gauche.
Y sont tous d’accord pour revoir cette application de la loi anti-démocratique (sans recours) !
Seuls les urnes doivent juger…