
Zemmour accusé de "contestation de crime contre l'humanité"
L’instance de régulation de l’audiovisuel franchit un nouveau cap dans sa lutte contre les discours controversés. Cette démarche intervient après la diffusion répétée de déclarations jugées problématiques sur plusieurs grandes chaînes d’information en continu.
Une saisine judiciaire inédite
Le mardi 3 novembre 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a officiellement transmis un dossier au parquet. Les déclarations d’Éric Zemmour diffusées le 18 octobre sont au cœur de cette procédure exceptionnelle.
Le polémiste avait évoqué lors de ses interventions télévisées « la remigration » des personnes ayant participé à des pillages, préconisant explicitement l’expulsion des étrangers. Ces mots ont retenti successivement sur les plateaux de CNews, LCI et BFMTV.
Les médias pointés du doigt
L’Arcom rappelle que les chaînes de télévision portent une responsabilité essentielle dans la maîtrise de leur antenne. Selon l’autorité publique, elles doivent impérativement contredire les propos dépassant le cadre légal lors de leur diffusion.
C’est précisément la multiplication de ces interventions sur différents canaux qui a motivé la décision de porter l’affaire devant la justice. La régulation rappelle son rôle de signalement aux procureurs lorsque des déclarations paraissent attentatoires aux lois sur la discrimination.
Un contexte de tensions médiatiques
Cette saisine s’inscrit dans une période particulièrement sensible. Les événements du 17 octobre et les violences qui ont suivi ont nécessité, selon l’Arcom, un traitement journalistique rigoureux et équilibré de la part des chaînes d’information.
L’attentat raciste survenu le 23 octobre a intensifié les critiques visant certaines antennes, accusées de propager des discours de haine. L’autorité de régulation se montre particulièrement vigilante sur ces questions.
Un récidiviste sous surveillance
La responsabilité pénale individuelle d’Éric Zemmour pourrait être engagée à l’issue de cette procédure. L’intéressé n’en est pas à sa première confrontation avec la justice sur ces questions délicates.
Le polémiste a déjà été condamné par le passé pour incitation à la discrimination, un antécédent qui pèse dans l’appréciation de ses nouvelles déclarations publiques.
La méthode de régulation de l’Arcom
L’instance précise que ses sanctions s’appliquent exclusivement sur des propos précis et identifiés, et non sur des impressions générales ou des ambiances perçues. Cette approche vise à garantir l’objectivité de son action régulatrice.
Le cadre légal impose aux chaînes de respecter scrupuleusement leurs obligations légales et conventionnelles, sous peine de mesures coercitives de la part de l’autorité de contrôle.
