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Une simple déclaration sur les visas délivrés aux ressortissants algériens a suffi à enflammer le débat politique français et à susciter une mise au point présidentielle des deux côtés de la Méditerranée. L’affaire révèle la fragilité persistante des relations bilatérales, à peine remises d’une crise diplomatique majeure.
Des propos qui déclenchent la controverse
Lors d’un entretien filmé diffusé par le média Tout sur l’Algérie (TSA), Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, a évoqué une hausse du nombre de visas accordés aux Algériens. Le diplomate a précisé que l’objectif était de revenir probablement au niveau d’avant-crise entre les deux pays, soit 250 000 visas par an.
Ces déclarations ont immédiatement suscité l’indignation d’une partie de la classe politique française. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une « capitulation », tandis que Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle, y a vu un « renoncement ».
Emmanuel Macron recadre son ambassadeur
Face à la polémique grandissante, le président français a tenu à corriger les propos de son ambassadeur. Emmanuel Macron a assuré que la France n’a aucun « objectif chiffré » et pratique « aucun laxisme » en matière de délivrance de visas.
Cette mise au point présidentielle témoigne de la sensibilité du sujet sur le plan intérieur français, particulièrement dans un contexte politique tendu.
Alger dément toute demande de quota
Du côté algérien, le président Abdelmadjid Tebboune a réagi fermement le lundi 27 juillet. Il a affirmé n’avoir jamais demandé de quota de visas à la France, précisant : « Je le réaffirme pour les Algériens avant nos amis français: le président algérien n’a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas ».
Le chef d’État algérien a également tenu à clarifier la position de son pays : « Je n’ai jamais demandé d’excuses, je n’ai jamais demandé d’indemnisations, l’Algérie ne fera jamais la manche ». L’Algérie réclame en revanche la reconnaissance par la France des crimes commis durant la colonisation, et non une compensation financière.
Une relation bilatérale encore marquée par les tensions
La crise diplomatique de l’été 2024
Cette polémique intervient quelques mois après une crise profonde qui avait éclaté à l’été 2024 entre Paris et Alger. Le différend avait été provoqué par le soutien français à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le territoire disputé du Sahara occidental.
L’Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France suite à cette prise de position.
La criminalisation de la colonisation française
En mars dernier, le Parlement algérien a franchi une étape symbolique en approuvant une loi criminalisant la colonisation française. Le texte fait porter à l’État français « la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu’il a engendrées ».
Cette législation ne contient toutefois plus d’exigences d’excuses officielles ni de réparations généralisées, contrairement à une première mouture du texte.
