
Compte à rebours électoral
L’heure tourne pour le Premier ministre israélien. Alors que le dépôt des listes électorales arrive à échéance, les dissensions au sein de la droite menacent de faire exploser la coalition. Une fragmentation qui pourrait coûter cher au camp conservateur.
Un compte à rebours critique pour la droite israélienne
Le délai court jusqu’au 8 septembre à 22 heures pour déposer les listes électorales. Pourtant, à seulement quatre jours de cette date butoir, Benyamin Netanyahou n’est pas parvenu à rassembler ses alliés sous une bannière commune.
La crainte du Premier ministre est bien réelle : si plusieurs formations de droite se présentent de manière séparée, elles risquent de gaspiller des dizaines de milliers de suffrages en restant sous le seuil électoral fixé à 3,25 %.
Ben Gvir refuse toute alliance et creuse l’écart
Fin août, Netanyahou a publiquement appelé deux de ses ministres, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, à faire front commun. Une tentative qui s’est soldée par un échec cuisant.
Itamar Ben Gvir, leader du parti Force juive, campe sur ses positions et rejette catégoriquement toute union avec Smotrich. Sa formation est créditée de sept à huit sièges selon les sondages et ne craint pas de franchir le seuil électoral.
Cette assise confortable lui permet de résister aux pressions du Premier ministre et de jouer sa propre partition dans la campagne.
Smotrich au bord du précipice
Le tableau est bien différent pour Bezalel Smotrich, dont la survie politique est en jeu. Confronté à un risque d’élimination, il a été contraint de négocier en urgence un accord avec Moshe Feiglin.
Cette alliance de la dernière chance vise à lui garantir suffisamment de voix pour décrocher des sièges à la Knesset et éviter une humiliante sortie du parlement.
L’irruption d’un nouvel acteur militaire
Comme si le paysage n’était pas assez morcelé, un nouveau concurrent a fait son entrée fin août : Ofer Winter, ancien général de Tsahal.
Cet officier supérieur à la retraite vise précisément le même électorat national-religieux que Smotrich et Ben Gvir, fragmentant encore davantage les forces de droite.
Une coalition qui s’émancipe de son leader
Au-delà des calculs électoraux, cette désunion traduit un phénomène politique plus profond : l’autonomisation croissante des partenaires de coalition vis-à-vis de Netanyahou.
Les alliés traditionnels du Premier ministre n’hésitent plus à défendre leurs intérêts propres, même au risque de fragiliser l’ensemble du camp conservateur. Une évolution qui témoigne de l’érosion de l’autorité du chef du Likoud sur son propre camp.
