
Précipice budgétaire
Alors que la France se dirige vers une échéance présidentielle cruciale, la question budgétaire s’impose comme un enjeu majeur. Sébastien Lecornu hausse le ton et presse les parlementaires d’agir rapidement pour éviter une crise financière sans précédent. Entre appels à la responsabilité et propositions économiques audacieuses, le chef du gouvernement tente de tracer une voie de sortie.
Un appel solennel pour éviter le précipice budgétaire
Le jeudi 2 juillet, le Premier ministre a lancé un avertissement solennel aux députés et sénateurs. Il les a exhortés « avec gravité » à fournir au pays un budget pour ne pas le pousser « dans le ravin ». Une absence de texte budgétaire constituerait selon lui « une erreur très grave ».
Lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Sébastien Lecornu a défendu sa position avec fermeté : « Il vaut mieux un budget de compromis et des candidats qui vous diront Votez pour moi, on vous le corrigera en mai, que d’aller à la faute en allant mettre le pays complètement dans le ravin ».
Les risques d’un retard catastrophique
Patienter jusqu’après l’élection présidentielle, prévue les 18 avril et 2 mai, pour adopter une loi de finances aurait des conséquences dramatiques. Un budget ne serait alors applicable qu’à la fin de l’année 2027, au moment précis où les discussions sur le budget 2028 devraient débuter.
Cette situation « sacrifierait la première année du quinquennat de celles et ceux qui auraient gagné l’élection présidentielle, ce qui serait d’un cynisme fou », a martelé le chef du gouvernement. Le 16 juin dernier, il avait déjà alerté sur les dangers financiers, estimant que l’absence de budget « conduirait à un déficit à 6 % ou 7 % » l’année prochaine, alors que 5 % sont espérés pour cette année.
Un plaidoyer pour la responsabilité parlementaire
Face à cette urgence, le Premier ministre n’a pas mâché ses mots en direction des élus. « Je sonne l’alerte avec gravité. Parce qu’on fait ce qu’on peut. On peut nous aimer, pas nous aimer. Mais (…) il faut quand même que les parlementaires qui ont été élus pour ça, défendent l’intérêt général », a-t-il plaidé.
En juin dernier, Sébastien Lecornu s’était déjà prononcé en faveur d’une adoption du budget 2027 « avant février ». Il rappelle aujourd’hui qu’une fois élu, le prochain président de la République aura toute latitude pour corriger ce budget.
Des propositions économiques innovantes
Le chef du gouvernement a également saisi l’occasion pour répondre favorablement à une suggestion de l’économiste Philippe Aghion. L’idée consiste à solliciter les transmissions des grandes fortunes via des « fondations d’intérêt public » portant leur nom, destinées à financer l’éducation, la recherche et la défense.
« Sur les transmissions du grand capital, est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à faire, mais gagnant-gagnant, pour aller alimenter des fonds de souveraineté qui permettraient d’accélérer ? Moi je dis chiche », a déclaré Sébastien Lecornu. Sa motivation est claire : « Parce que l’année prochaine, on a encore une marge de six milliards d’euros à trouver dans nos comptes publics pour notre défense » et « le patriotisme est un antidote au virus » de la division.
Simplification fiscale pour les entreprises
Le Premier ministre a également évoqué une piste de simplification administrative. Il propose d’instaurer une « présomption de bonne foi » en matière fiscale pour les entreprises, où « le silence vaut accord » lorsqu’elles sollicitent un rescrit fiscal auprès de l’administration.
