
Ségolène Royal sur le plateau des 4 Vérités ©Capture d'écran France 2
Entre diplomatie parallèle et positionnement politique controversé, l’ancienne ministre socialiste se rapproche du régime d’Alger. Une stratégie qui suscite autant d’intérêt en Algérie que de critiques en France, alors que les tensions diplomatiques entre les deux pays persistent.
Une élection qui officialise son engagement
En décembre 2025, Ségolène Royal prend la tête de l’Association France-Algérie. Cette nomination marque un tournant dans son implication aux côtés du régime d’Abdelmadjid Tebboune. Quelques semaines plus tard, fin janvier, elle rencontre le président algérien en personne.
Cette proximité assumée se manifeste également par ses interventions médiatiques. L’ex-candidate à la présidentielle s’est notamment exprimée dans une interview accordée à AL24 News, une chaîne proche du pouvoir en place à Alger.
Des revendications qui résonnent à Alger
Lors de ses différentes prises de parole, Ségolène Royal formule des demandes claires envers Paris. Elle appelle la France à restituer les archives et les biens culturels, tout en exigeant le respect de la souveraineté algérienne.
Son discours critique vise directement les responsables politiques français qu’elle accuse de remettre en cause les accords de 1968 avec l’Algérie. Pour elle, ces attaques constituent une diversion destinée à masquer les échecs gouvernementaux sur d’autres dossiers.
La question de l’algérophobie
L’ancienne ministre dénonce également les accusations d’« algérophobie » qu’elle juge instrumentalisées. Selon elle, ces critiques reposent sur une stratégie électoraliste plutôt que sur des préoccupations légitimes.
Fait notable : Ségolène Royal s’abstient de toute critique publique à l’égard du régime algérien lui-même, même sur les questions relatives aux libertés fondamentales.
Une visite au journaliste emprisonné
Durant son séjour en Algérie, elle a rencontré Christophe Gleizes, journaliste français détenu dans le pays. Cette visite s’inscrit dans sa démarche de rapprochement, bien qu’elle n’ait pas donné lieu à des déclarations critiques sur les conditions de détention.
Un accueil favorable des médias algériens
Les organes de presse proches du pouvoir algérien saluent cette initiative. Ils y voient une tentative de réconciliation entre les deux peuples, portée par une figure politique française de premier plan.
Cette diplomatie parallèle est présentée comme une alternative aux tensions officielles qui caractérisent actuellement les relations franco-algériennes.
Des critiques dans le contexte électoral français
À l’approche des élections de 2027, cette proximité avec Alger suscite des interrogations. Ses détracteurs y voient un positionnement calculé, susceptible de séduire une partie de l’électorat tout en fragilisant sa crédibilité sur les questions de droits humains.
Le timing de ses déclarations et de ses déplacements alimente les polémiques sur la sincérité de sa démarche et ses éventuelles ambitions politiques futures.
