
Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou ©Alamy
Le tribunal correctionnel de Paris se penche sur un dossier pour le moins tumultueux. Une élue de La France Insoumise comparaît pour des faits de tentative d’escroquerie et de vol liés à sa gestion passée du « Média ». Entre accusations croisées et règlements de comptes internes, cette affaire révèle les coulisses agitées d’un média militant.
Les chefs d’accusation retenus
Sophia Chikirou, députée LFI, doit répondre devant la justice de plusieurs infractions présumées. Les faits reprochés concernent sa période à la tête du « Média », cette plateforme d’information en ligne créée en 2017.
La parlementaire est notamment poursuivie pour avoir usurpé le rôle de cheffe d’entreprise dans le but de tromper un responsable du Crédit du Nord. L’accusation évoque également le vol de deux chèques qui auraient été, selon ses dires, reçus de Stéphanie Hammou.
Une défense axée sur la contre-attaque
Face au tribunal, Sophia Chikirou adopte une stratégie frontale. Elle réfute catégoriquement toute tentative d’escroquerie et se présente comme la véritable victime de cette affaire.
L’élue pointe du doigt Gérard Miller, alors président du « Média », aujourd’hui rattrapé par un scandale sexuel. Elle le suspecte d’avoir imité sa signature dans cette histoire, inversant ainsi les rôles.
Un départ houleux en 2018
Le contexte de ces accusations remonte à l’été 2018, période marquée par de vives tensions au sein de la rédaction. Le départ de Sophia Chikirou s’est déroulé dans des circonstances particulièrement conflictuelles.
Lors d’une réunion houleuse datée du 13 juillet 2018, l’affrontement avec Gérard Miller aurait atteint son paroxysme. La députée raconte avoir reçu sa lettre de licenciement par SMS et déclare avoir traité Miller « d’escroc » et de « malhonnête ».
Une élue qui dénonce un acharnement médiatique
Au-delà du prétoire, Sophia Chikirou exprime son sentiment d’être injustement ciblée. Elle se plaint d’être stigmatisée comme une « sorcière, voleuse, méchante » par certains médias.
L’accusée revendique une animosité particulière de la part de titres comme Libération ou Mediapart, suggérant une forme d’acharnement à son encontre dans le traitement de cette affaire.
Les réquisitions du parquet
La procureure a pris position lors de l’audience. Elle a réclamé une amende de 50 000 euros, dont 40 000 avec sursis, à l’encontre de la députée LFI.
Fait notable : le ministère public a expressément demandé de ne pas appliquer de peine d’inéligibilité, préservant ainsi potentiellement la carrière politique de l’accusée. Le verdict est attendu pour le 8 juin prochain.
