
Crédit image @copie écran émission 4V Bally Bagayoko
La reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis vire au bras de fer politique. L’élection controversée d’une nouvelle présidence au sein de l’association « Suivez la Flèche » a déclenché une vive polémique opposant un animateur célèbre et un élu local.
Censée acter le renouvellement des instances dirigeantes, cette assemblée générale s’est transformée en affrontement. Entre accusations d’irrégularités et démissions fracassantes, le projet patrimonial se retrouve empêtré dans une crise institutionnelle majeure.
Une candidature inattendue qui bouleverse les équilibres
L’annonce de la candidature de Stéphane Bern à la présidence de l’association a créé la surprise. Bally Bagayoko, maire Insoumis de Saint-Denis, estimait que cette fonction lui revenait naturellement.
Mais le scénario prévu a basculé. Face à ce qu’il considère comme une ingérence, l’édile dionysien a choisi de retirer sa candidature, dénonçant l’implication présumée de représentants de l’État dans le processus électoral.
Un scrutin remporté dans la contestation
Malgré la polémique, Stéphane Bern a été élu à l’unanimité des suffrages exprimés. Ce résultat apparent de consensus cache une réalité plus fragmentée.
Une dizaine de soutiens de Bagayoko ont quitté la séance en signe de protestation, tandis que deux personnes se sont abstenues. Cette élection, loin de rassembler, a approfondi les divisions au sein de l’association pilotant ce chantier patrimonial emblématique.
Des irrégularités formelles dénoncées
La mairie de Saint-Denis n’a pas tardé à contre-attaquer. Bally Bagayoko a publié un communiqué dénonçant de « graves irrégularités » dans le processus électoral et mandaté un cabinet juridique pour examiner le respect des statuts associatifs.
Une liste de manquements conséquente
L’expertise commandée a révélé plusieurs anomalies procédurales. L’assemblée générale aurait été présidée de manière irrégulière par l’ancien président dont le mandat avait expiré.
Deux sièges d’administrateurs auraient été exclus du renouvellement, et un architecte en chef aurait été élu au conseil d’administration malgré une situation de conflit d’intérêts manifeste.
Vers un recours en justice
La municipalité conteste formellement la légitimité des décisions adoptées lors des assemblées des 15 et 24 juillet. Elle refuse désormais de participer au bureau de l’association.
La responsabilité du projet est ainsi transférée de facto à Stéphane Bern et son vice-président. Un recours judiciaire est envisagé pour obtenir l’annulation des décisions prises lors de ces assemblées contestées.
Ce conflit administratif menace de retarder un projet culturel majeur pour la ville de Saint-Denis, transformant un chantier patrimonial en terrain d’affrontement politique.
