
Barrière de sécurité devant un lieu d'événement annulé
La scène musicale marseillaise vient d’être secouée par une annulation de dernière minute qui interroge sur les limites entre engagement politique et liberté artistique. Un événement gratuit qui devait rassembler plusieurs artistes a été purement et simplement supprimé, plongeant les organisateurs dans une situation inédite.
Un événement musical entièrement supprimé
Le Sunset Live, concert gratuit prévu ce dimanche au centre commercial Les Terrasses du Port, n’aura finalement pas lieu. L’intégralité de la programmation, qui comprenait Amir, Adèle Castillon, Oria et Peter Cincotti, a été annulée par les organisateurs.
Sur le compte Instagram de l’événement, la décision a été justifiée en ces termes : « Pour des raisons de sécurité, la session du Sunset Live (…) est annulée. Cette décision vise à garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l’ensemble des personnes présentes sur le site ».
Des appels au boycott à l’origine de la polémique
C’est la présence du chanteur franco-israélien qui a cristallisé les tensions. Plusieurs collectifs et associations de soutien à la Palestine ont multiplié les appels au boycott ces derniers jours, menaçant de manifester sur place pendant la représentation.
L’association France Palestine Solidarité reproche à l’artiste d’être « un fervent défenseur de l’armée et de la politique israélienne ». Ces pressions ont finalement conduit à l’annulation totale de la manifestation musicale.
Une démarche revendiquée comme pacifique
L’Union Palestine Marseille s’est félicitée de l’issue de cette mobilisation. Le collectif a tenu à préciser que l’appel au boycott « reposait sur des revendications politiques et s’inscrivait dans une démarche exclusivement pacifique ».
Une configuration problématique pour la sécurité
Antoine Gouiffes-Yan, patron de la maison de disques d’Amir, a évoqué les difficultés techniques rencontrées : « la configuration des lieux avec une dizaine d’entrées fait que c’était difficilement sécurisable ».
Le producteur a également souligné que les appels au boycott sont malheureusement devenus une habitude pour l’artiste, précisant : « à chaque fois, on a pris des mesures pour qu’il puisse chanter ».
Il a cependant insisté sur la détermination du chanteur : « Amir n’a jamais courbé l’échine, ni baissé les yeux devant les menaces et n’a jamais annulé de concert ».
Un climat d’intimidation dénoncé par l’artiste
L’automne dernier, dans une interview accordée au Parisien, Amir s’était déjà confié sur les pressions qu’il subissait. Il expliquait recevoir « des seaux de menaces et d’insultes » et se disait victime d’un « antisémitisme d’atmosphère ».
Le chanteur avait également exprimé ses inquiétudes pour ses proches, se disant préoccupé pour ses enfants et sa famille face à cette hostilité grandissante.
Sur le principe même du boycott culturel, sa position était tranchée : « Le boycott artistique est un acte lâche, insensé, qui va à l’encontre du pluralisme, la définition même de l’art pour moi ».
