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Les cortèges lycéens virent au drame sanitaire. En moins d’un mois, le nombre de mutilations recensées lors des manifestations atteint des proportions alarmantes, rappelant les heures les plus sombres de la crise des Gilets Jaunes. L’ampleur des blessures interroge sur les méthodes de maintien de l’ordre.
Un bilan traumatisant en à peine quatre semaines
Depuis la mi-septembre, au moins 20 enquêtes ont été lancées pour des cas de blessures mutilantes survenues lors des rassemblements lycéens. Ces investigations s’inscrivent dans un ensemble plus large de 80 dossiers ouverts par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Les traumatismes répertoriés sont d’une violence inouïe : mains arrachées, yeux perdus, mâchoires fracturées et visages défigurés. Des blessures qui marquent à vie des adolescents venus manifester.
Des drames individuels qui s’accumulent
Le 28 septembre, un lycéen de seulement 14 ans a eu la mâchoire brisée par l’explosion d’une grenade. À Tours, un adolescent a définitivement perdu l’usage d’un œil suite à un tir de LBD.
Le 5 octobre à Lens, un garçon de 15 ans a vu sa main arrachée par une grenade assourdissante. À Limoges, un jeune homme de 18 ans souffre de multiples fractures faciales. À Toulouse, un manifestant de 20 ans a également perdu une main.
À Sartrouville et Tremblay-en-France, deux autres adolescents ont été touchés aux yeux, rejoignant la longue liste des victimes de ces affrontements.
Un parallèle glaçant avec les Gilets Jaunes
Le nombre de mutilations enregistrées en un mois seulement égale quasiment celui de huit mois de mobilisation des Gilets Jaunes. Durant cette période, 24 personnes avaient perdu un œil et cinq s’étaient vues amputer d’une main.
Cette comparaison soulève de sérieuses interrogations sur l’intensité des moyens déployés face à des manifestants majoritairement mineurs.
Les forces de l’ordre également touchées
Le bilan humain ne concerne pas uniquement les manifestants. Depuis le début du mouvement, 1 193 policiers et gendarmes ont été blessés dans l’exercice de leurs fonctions.
Ces chiffres témoignent de la violence généralisée qui caractérise ces mobilisations, où les affrontements se multiplient de part et d’autre.
Des responsabilités à établir
À Tours, un policier a été mis en examen pour violences aggravées, marquant une première étape dans la recherche des responsabilités individuelles.
Toutefois, certaines blessures pourraient également résulter d’autres facteurs, notamment le lancement de pavés par des manifestants, compliquant l’établissement des faits.
L’usage des armes de maintien de l’ordre en question
L’utilisation massive des lanceurs de balles de défense (LBD) et des grenades par les forces de l’ordre fait l’objet de vives controverses. Les incidents, largement relayés par les médias, alimentent un débat national sur les pratiques policières.
La médiatisation de ces drames individuels place les autorités face à leurs responsabilités dans l’encadrement des opérations de maintien de l’ordre.
