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Le cessez-le-feu temporaire instauré pour célébrer Pâques orthodoxe devait offrir un répit aux populations civiles. Mais sur le terrain, la réalité s’est révélée tout autre. Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’avoir rompu cet engagement en quelques heures seulement, transformant cette trêve en un nouvel épisode de tensions.
Un décompte vertigineux côté ukrainien
Dès dimanche matin, à 7 heures précises, l’état-major ukrainien dressait un bilan accablant. Selon ses chiffres, les forces russes auraient enfreint la trêve pascale à 2 299 reprises depuis son entrée en application.
Dans le détail, les violations recensées comprennent 28 assauts menés par l’ennemi, 479 bombardements d’artillerie, ainsi que 747 frappes réalisées par des drones d’attaque de type « Lancet » ou « Molniya ». S’ajoutent également 1 045 frappes de drones FPV.
L’armée ukrainienne précise toutefois qu’aucune attaque par missile, bombe aérienne guidée ou drone Shahed n’a été enregistrée durant cette période.
Des violations dès samedi soir
La rupture du cessez-le-feu ne date pas de dimanche. Dès samedi en fin de journée, Kiev avait déjà comptabilisé 469 violations après 16 heures. Ces infractions incluaient 22 assauts, 153 bombardements, 19 frappes de drones d’attaque et 275 frappes de drones FPV.
Moscou riposte avec ses propres accusations
De son côté, le ministère russe de la Défense n’est pas en reste. Cité par l’agence de presse TASS, il affirme que les forces ukrainiennes ont violé la trêve à 1 971 reprises.
Ces manquements auraient été enregistrés entre 16 heures le 11 avril et 8 heures le 12 avril, soit sur une période presque identique à celle évoquée par Kiev.
Zelensky propose une prolongation du cessez-le-feu
Face à cette escalade, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé une proposition inhabituelle. Il souhaite prolonger le cessez-le-feu au-delà de son terme initialement prévu ce dimanche.
« Pâques devrait être un temps de sécurité et de paix. Il serait juste que le cessez-le-feu se prolonge au-delà des vacances. Nous avons transmis cette proposition à la Russie, et si la Russie choisit une fois de plus la guerre plutôt que la paix, elle montrera encore une fois au monde, et aux Etats-Unis en particulier, qui défend véritablement quoi. L’Ukraine agira de manière symétrique. »
Cette déclaration place Moscou face à un choix symbolique : accepter une désescalade temporaire ou assumer publiquement la poursuite des hostilités durant une période religieuse majeure.
Une guerre des chiffres qui se poursuit
Au-delà des accusations croisées, ces statistiques divergentes illustrent la difficulté d’établir une vérité factuelle dans un conflit où chaque camp utilise la communication comme une arme.
Que ce soit 2 299 violations selon Kiev ou 1 971 selon Moscou, le constat reste identique : la trêve pascale n’a pas tenu ses promesses de paix, même temporaire.
