
Observation en Cisjordanie
Le conflit qui se déroule en Cisjordanie occupée prend une tournure particulièrement inquiétante. Depuis l’offensive lancée dans la bande de Gaza, les actes de violence perpétrés par des colons israéliens contre les populations palestiniennes atteignent des niveaux sans précédent. Face à cette escalade, la diplomatie française hausse le ton et réclame une réponse ferme de l’Union européenne.
Un appel urgent à l’action européenne
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a exprimé sa profonde inquiétude concernant la situation actuelle. Il s’est dit « extrêmement préoccupé par l’intensification de la colonisation illégale en Cisjordanie et l’explosion des violences des colons israéliens à l’encontre des Palestiniens ».
Le chef de la diplomatie française a annoncé que de nouvelles mesures punitives pourraient être adoptées rapidement. « On pourra aller plus loin et dans les prochains jours, de nouvelles sanctions pourraient être prises », a-t-il déclaré.
Une situation sans précédent selon Paris
L’ampleur des violences actuelles marque un tournant, selon le ministre. Il estime que « On n’a jamais vu ça depuis des années et peut-être des décennies ».
Cette prise de position intervient alors que la Cisjordanie connaît une flambée de violences depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël survenue le 7 octobre 2023.
Les sanctions déjà en vigueur
L’Union européenne avait déjà réagi en mai dernier en imposant des mesures restrictives. Ces sanctions, adoptées pour la troisième fois au niveau européen, visaient trois individus et quatre organisations.
Les personnes et entités ciblées se sont vu imposer un gel de leurs avoirs et une interdiction d’accès au territoire de l’UE. Ces décisions faisaient suite à des « abus sérieux et systématiques » commis dans le territoire occupé depuis 1967.
Une pression sur le gouvernement israélien
Pour Jean-Noël Barrot, ces sanctions ont également une dimension politique. Elles constituent « une manière également d’appeler le gouvernement israélien à ses responsabilités vis-à-vis de ces violences qui, à mon sens, fragilisent également l’autorité de l’État ».
Jérusalem dénonce une attitude scandaleuse
La réaction du gouvernement israélien ne s’est pas fait attendre. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a vivement condamné les sanctions européennes de mai, dénonçant une « faillite morale » de l’UE.
Un bilan humain dramatique
Depuis le 7 octobre 2023, les violences en Cisjordanie ont causé la mort d’au moins 1 080 Palestiniens, selon l’AFP et l’Autorité palestinienne. Parmi les victimes figurent de nombreux combattants mais aussi beaucoup de civils, tués par des soldats ou des colons israéliens.
Du côté israélien, au moins 46 personnes ont perdu la vie, civils et soldats confondus, lors d’attaques palestiniennes ou d’opérations militaires israéliennes, d’après les données officielles.
