
surveillance_four_industriel
Icône du patrimoine industriel français depuis près de 80 ans, la célèbre manufacture de verres traverse une nouvelle période de turbulences. Placée sous protection judiciaire depuis le début de l’été, l’entreprise désormais gérée en coopérative par ses employés prend une décision drastique pour tenter de redresser la barre.
Un arrêt technique pour préserver les finances
La direction a annoncé une interruption totale de la fabrication pour une période minimale de quinze jours. Cette mesure vise à protéger les ressources financières de l’entreprise et à diminuer les dépenses courantes.
Durant la seconde moitié du mois de juin, aucun produit ne sortira des chaînes. La raison invoquée : une utilisation trop importante des matières premières couplée à une pénurie de matériaux d’emballage.
Une organisation minimale autour du four
Pendant cette période d’arrêt, seulement deux employés seront mobilisés pour assurer la surveillance du four, alors qu’en temps habituel, dix-sept personnes sont nécessaires à cette tâche.
Le four continuera de fonctionner à vide, avec de la matière en fusion réinjectée dans le circuit, permettant ainsi de maintenir l’outil industriel opérationnel. Les salariés sont encouragés à poser au minimum une semaine de vacances durant cette pause.
Un objectif : honorer les commandes en attente
Cette décision stratégique doit permettre à l’entreprise d’assurer 1,4 million d’euros de commandes en souffrance, accumulées ces dernières semaines.
Une reprise en coopérative dans un contexte difficile
En 2024, les salariés ont pris le contrôle de l’entreprise en la transformant en coopérative. Environ 60 % des 243 employés ont participé financièrement à cette aventure collective.
Pourtant, cette initiative courageuse n’a pas suffi à éloigner les difficultés. Depuis le 1er juin 2024, la verrerie se trouve de nouveau en redressement judiciaire, une procédure qui n’est pas une première pour cette manufacture.
Une histoire marquée par les crises à répétition
Créée en 1945, Duralex connaît son cinquième redressement judiciaire en deux décennies, témoignant des difficultés structurelles que rencontre l’industrie verrière française.
Le tribunal de commerce d’Orléans a accordé une période d’observation de six mois à l’entreprise pour lui permettre de trouver des solutions pérennes.
Une audience cruciale prévue début juillet
Le 2 juillet prochain, une audience déterminante se tiendra pour examiner la situation financière de la société. Au cœur des discussions : l’engagement des établissements bancaires à poursuivre leur soutien.
L’avenir de la verrerie dépend largement de la volonté des banques à maintenir leur accompagnement financier, une question dont l’issue reste incertaine à ce jour.
