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La deuxième économie de la zone euro traverse une période d’une gravité exceptionnelle. Les derniers indicateurs économiques révèlent une dégradation brutale de l’activité, comparable aux pires moments de la crise sanitaire. Entre tensions géopolitiques et flambée des prix de l’énergie, le pays fait face à un choc majeur qui menace son tissu économique.
Un effondrement de l’activité comparable à la pandémie
L’indice PMI de S&P Global a chuté de manière spectaculaire en mai, atteignant 43,5 points, son niveau le plus faible depuis 66 mois. Ce résultat catastrophique rappelle les heures les plus sombres de la pandémie de Covid-19.
Pour mémoire, le seuil critique de 50 points distingue une économie en expansion d’une économie en récession. Avec un tel score, la France bascule clairement du mauvais côté de cette ligne de démarcation.
Joe Hayes, économiste de S&P Global Market Intelligence, ne mâche pas ses mots : « l’enquête PMI flash de mai pour la France présente des chiffres alarmants ».
Les commandes s’écroulent et la récession menace
L’expert poursuit son analyse avec inquiétude. « De manière alarmante, nous avons constaté une chute brutale des nouvelles commandes du secteur privé en mai, ce qui indique clairement que ce choc a considérablement accru les risques de récession pour la deuxième économie de la zone euro », précise-t-il.
Le secteur des services, traditionnellement plus résilient, affiche ses pires performances depuis cinq ans et demi. Cette contagion à l’ensemble des branches d’activité témoigne d’une crise systémique.
La guerre au Moyen-Orient fait flamber les coûts
Les origines de ce marasme économique sont clairement identifiées. La flambée des coûts énergétiques, directement liée à la guerre au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz, pèse lourdement sur l’appareil productif.
Cette situation freine les investissements des entreprises et paralyse la consommation des ménages, terrifiés par le spectre d’une inflation généralisée.
La zone euro dans la tourmente
Le phénomène dépasse largement les frontières françaises. L’indice PMI de la zone euro a reculé à 47,5 points, son plus bas niveau depuis octobre 2023.
Les prévisions de S&P Global anticipent une inflation qui pourrait atteindre 4 % dans les prochains mois, un chiffre bien au-delà de la cible fixée par les autorités monétaires.
La BCE s’apprête à réviser ses prévisions
Philip Lane, chef économiste de la Banque Centrale Européenne, a prévenu que l’institution devrait « relever à nouveau ses prévisions d’inflation en juin ». La cible d’inflation pour 2026 a déjà été rehaussée à 2,6 %, contre 1,9 % prévu en décembre.
L’économiste reconnaît que les prix du pétrole sont « supérieurs aux hypothèses de nos projections de mars ». Les effets indirects de cette flambée menacent de transformer le choc énergétique en « problème majeur » d’inflation généralisée.
Les taux d’intérêt s’envolent partout dans le monde
Face à cette situation, une hausse des taux directeurs de la BCE devient inévitable. Les analystes financiers prévoient une augmentation d’un quart de point du principal taux directeur à 2,25 % dès juin.
Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, juge ce scénario plausible. Les analystes de la Deutsche Bank constatent que « les taux d’intérêt atteignent des sommets inégalés depuis plusieurs années partout dans le monde ».
Les obligations d’État sous pression
Sur les marchés financiers, la tension est palpable. Le rendement de l’OAT française à dix ans a bondi à 3,99 % la semaine dernière, avant de redescendre à 3,70 %. Le Bund allemand testait quant à lui la barre des 3 %.
Le coût d’emprunt pour l’État français a progressé de plus de 70 points de base depuis le 1er janvier. Outre-Atlantique, les Bons du Trésor américain à trente ans frôlent les 5,20 %, un niveau record depuis juillet 2007.
Le crédit immobilier se renchérit pour les ménages
Cette remontée des taux se répercute directement sur les conditions d’emprunt des Français. Selon CAFPI, les meilleurs profils obtiennent désormais des crédits à 3,20 % sur 15 ans, 3,33 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans.
Ces taux ont respectivement augmenté de 13, 7 et 5 points de base sur le seul mois écoulé, une accélération significative.
Un marché immobilier au point mort
Ce resserrement des conditions de crédit est qualifié de « dévastateur » pour le marché immobilier, qui connaissait un lent redémarrage, et pour le secteur du bâtiment dans son ensemble.
Les ménages français se retrouvent pris en étau entre une inflation galopante qui rogne leur pouvoir d’achat et des conditions d’emprunt de plus en plus restrictives qui compromettent leurs projets immobiliers.
