
Patrouille Militaire Détroit
La tension entre Washington et Téhéran atteint un point critique. Alors que l’armée américaine multiplie les bombardements sur le territoire iranien depuis plusieurs jours, le régime des mollahs brandit la menace d’une riposte militaire d’envergure. Une escalade qui fait craindre un embrasement régional, tandis que les alliés des États-Unis dans le Golfe subissent déjà les représailles de la République islamique.
Une campagne de bombardements sans précédent
Le Commandement central américain (CENTCOM) a orchestré une série de raids aériens contre l’Iran, culminant avec huit nuits consécutives d’opérations militaires. La première salve, lancée le 11 juillet 2026, marquait le début d’une offensive soutenue contre les infrastructures iraniennes.
Vendredi, les forces américaines ont pilonné des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes. Le lendemain, de nouvelles frappes visaient à neutraliser la capacité iranienne à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz.
Dimanche, l’armée américaine a conclu sa huitième nuit d’opérations en ciblant spécifiquement « les unités ayant lancé l’attaque qui a coûté la vie à deux de ses soldats en Jordanie » et « les forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie le 17 juillet ».
Des pertes américaines qui justifient l’escalade
L’intensification des bombardements fait suite à une attaque meurtrière survenue vendredi en Jordanie. Deux militaires américains ont perdu la vie lors d’un assaut combinant missiles et drones iraniens. Un soldat demeure porté disparu, tandis que quatre autres ont été évacués vers des hôpitaux jordaniens.
Cette offensive iranienne contre des positions américaines a servi de déclencheur à la riposte massive de Washington, transformant le conflit larvé en confrontation directe entre les deux nations.
Téhéran brandit la menace d’une guerre totale
Face à la pression militaire, le régime iranien durcit le ton. Mojtaba Khamenei, le guide suprême, a menacé samedi d’infliger des « leçons inoubliables » aux États-Unis, dénonçant la violation du protocole d’accord signé le 17 juin et qualifiant la signature de Donald Trump de « sans valeur ».
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême, a franchi un cap supplémentaire vendredi en évoquant une « offensive totale » si les frappes américaines persistent au-delà de « deux-trois jours », avertissant que « aucune frontière ne sera à l’abri ».
Un bilan humain qui s’alourdit
Les bombardements américains ont causé samedi la mort de trois personnes et fait huit blessés dans la province d’Hormozgan, au sud de l’Iran. Ces victimes civiles alimentent la rhétorique de Téhéran contre ce qu’elle qualifie d’agression impérialiste.
Le détroit d’Ormuz, nouvel enjeu stratégique
Les Gardiens de la Révolution affirment avoir miné la zone maritime stratégique, annonçant que « deux pétroliers » ont « explosé et pris feu » en traversant une zone piégée au sud du détroit. Selon eux, « quatre autres navires » auraient été « stoppés » par leurs missiles et drones.
Le CENTCOM a formellement démenti ces revendications concernant les pétroliers. Toutefois, le détroit est effectivement « verrouillé par l’Iran » depuis une semaine, les États-Unis ayant réimposé un blocus des ports iraniens.
Les alliés américains dans la ligne de mire
Bahreïn sous le feu des drones iraniens
Vendredi, l’armée iranienne a revendiqué une frappe de drones explosifs contre la base aérienne de Sheikh Isa à Bahreïn, utilisée par les forces américaines. Le lendemain, l’armée bahreïnie annonçait avoir intercepté plusieurs nouvelles attaques, tandis que des sirènes et explosions retentissaient dans la capitale Manama.
Le Koweït face à des attaques délibérées
Le Koweït accuse Téhéran de cibler délibérément des infrastructures civiles essentielles. Vendredi, une centrale électrique et de dessalement d’eau a été touchée. Le lendemain, une deuxième centrale subissait le même sort, provoquant un incendie et l’arrêt de plusieurs unités de production.
Samedi également, un site vital de l’industrie pétrolière a été visé, faisant plusieurs blessés et causant d’importants dégâts matériels. Des incendies déclenchés sur deux sites du pays ont blessé plusieurs pompiers et un travailleur.
Dimanche, l’Iran a intensifié ses attaques en visant deux bases militaires koweïtiennes : le dépôt de munitions de Camp Udairi et le système radar Patriot de la base aérienne Ali Al-Salem, utilisant des « drones suicides ».
La Jordanie intercepte les missiles iraniens
Vendredi, l’armée jordanienne a réussi à abattre dix missiles iraniens visant le territoire du Royaume, évitant ainsi victimes et destructions matérielles.
La communauté internationale dénonce des crimes de guerre
Jasem Mohamed Albudaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a fermement condamné les attaques iraniennes, déclarant : « Les actions de l’Iran représentent une escalade extrêmement dangereuse, une grave violation du droit international et de la Charte des Nations unies, ainsi que des crimes de guerre (…) compte tenu du ciblage délibéré d’infrastructures et installations civiles ».
Palestine : le cessez-le-feu constamment violé
Des frappes meurtrières à Gaza
Samedi, dix personnes, dont un couple et trois de leurs enfants, ont péri dans des frappes israéliennes, malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025. Une porte-parole de l’armée israélienne a justifié une frappe dans la ville de Gaza pour « viser un terroriste du Hamas ».
Trois autres personnes ont été tuées dans une frappe sur un groupe de civils dans le quartier de Zeitoun, et deux autres dans différentes attaques israéliennes.
Incendies et violence en Cisjordanie
Samedi, plusieurs incendies se sont déclarés dans le nord de la Cisjordanie occupée, forçant l’évacuation des colonies israéliennes de Kedumim et Havat Gilad. Deux pompiers ont été blessés, 13 habitations et un entrepôt de bois détruits.
Le même jour, Fadi Hamdallah al-Nassan, un adolescent palestinien de 17 ans et joueur de football, est décédé des suites de blessures infligées lors d’une attaque de colons israéliens.
Liban : entre deuil et diplomatie
Samedi, le Hezbollah a organisé des funérailles collectives pour une quarantaine de ses combattants tués dans son conflit avec Israël. Une cérémonie témoignant du lourd tribut payé par le mouvement chiite.
Le président libanais Joseph Aoun a quitté Beyrouth le même jour pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump le 21 juillet. Les discussions porteront sur la situation au Liban, la consolidation du cessez-le-feu et le retrait d’Israël des régions libanaises occupées.
L’Irak multiplie les partenariats avec Washington
Samedi, l’Irak a signé 48 accords et partenariats, principalement dans le secteur pétrolier, avec des compagnies américaines lors de la visite du Premier ministre Ali al-Zaidi aux États-Unis. Des partenariats ont été établis avec ExxonMobil, KBR, GE Vernova, Shell et Halliburton.
Un accord avec Starlink vise à développer le réseau internet par satellite, tandis qu’un autre prévoit la remise en état d’un oléoduc entre l’Irak et la Syrie.
Netanyahou menacé d’arrestation à New York
Le maire de New York, Zohran Mamdani, mène des « discussions actives » sur la possibilité légale d’arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre.
Il a affirmé au New York Times : « Je crois que le premier ministre Netanyahou a sa place à La Haye. C’est un criminel de guerre visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale ».
Répression en Iran : une nouvelle exécution
Un homme, Aref Khoshkar, a été exécuté en Iran après avoir été condamné pour le meurtre d’un membre des forces de sécurité commis lors des manifestations de 2022. Une répression qui se poursuit contre les opposants au régime.
