La course à la direction des Nations unies s’intensifie. Alors qu’Antonio Guterres s’apprête à quitter son poste fin décembre, un nouveau prétendant vient bousculer le jeu des candidatures. L’annonce, effectuée ce week-end, marque une nouvelle étape dans un processus de sélection qui s’annonce particulièrement disputé.
L’Ouganda propose son ancien diplomate
C’est Olara Otunnu, figure expérimentée de la diplomatie africaine, qui rejoint officiellement la compétition. Âgé de 75 ans, cet Ougandais a vu sa candidature présentée par son pays et annoncée samedi par l’Organisation des Nations unies à l’ensemble de ses États membres.
Il devient ainsi le septième candidat déclaré pour ce poste stratégique de la gouvernance mondiale, dans une course où les profils expérimentés et les personnalités politiques de premier plan se côtoient.
Une carrière onusienne de haut niveau
Le parcours d’Olara Otunnu au sein du système onusien est loin d’être négligeable. De 1997 à 2005, il a occupé les fonctions de secrétaire général adjoint et de représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, sous le mandat de Kofi Annan.
Cette expérience au cœur de l’institution new-yorkaise constitue un atout majeur dans sa candidature. Elle témoigne d’une connaissance approfondie des rouages et des défis auxquels l’organisation doit faire face.
Un diplomate aux multiples casquettes
Au-delà de son passage à l’ONU, Olara Otunnu a également représenté l’Ouganda comme ambassadeur auprès des Nations unies. Il a par ailleurs brièvement exercé les fonctions de ministre des Affaires étrangères de son pays.
Son engagement politique s’est ensuite poursuivi sur le terrain électoral national. En 2011, il s’est présenté comme candidat présidentiel d’opposition pour le parti Uganda People’s Congress, mais a été battu par Yoweri Museveni, qui dirige le pays depuis 1986.
Une concurrence relevée
Olara Otunnu devra se mesurer à six autres candidats aux profils variés. Parmi eux figurent Michelle Bachelet du Chili, María Fernanda Espinosa d’Équateur, et Rafael Grossi d’Argentine.
La liste comprend également Rebeca Grynspan du Costa Rica, Carolyn Rodrigues-Birkett de Guyana, ainsi que Macky Sall du Sénégal, ancien président sénégalais dont la candidature avait suscité l’attention.
Un processus de sélection complexe
Le premier tour de scrutin est programmé pour le 30 juillet prochain. Ce vote à bulletins secrets, qualifié d’indicatif, sera organisé par les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
D’autres tours de scrutins similaires suivront, en nombre indéterminé, jusqu’à ce qu’un candidat se dégage. Pour être retenu, un prétendant doit recueillir au minimum neuf voix, sans essuyer le veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil.
Le pouvoir décisif des cinq grands
Les cinq membres permanents — la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie — détiennent chacun un droit de veto susceptible de bloquer toute candidature, quelle que soit la majorité obtenue.
Une fois le consensus trouvé au sein du Conseil de sécurité, le nom du candidat retenu sera transmis à l’Assemblée générale pour une nomination formelle, dernière étape avant la prise de fonction effective.
