
Crédit image @copie écran émission 4V Bally Bagayoko
Les élus locaux sont régulièrement sous surveillance citoyenne. Lorsque des soupçons de malversations financières émergent, les associations spécialisées n’hésitent pas à saisir la justice pour faire la lumière sur d’éventuelles irrégularités. C’est précisément ce qui vient de se produire dans une commune de Seine-Saint-Denis.
Une enquête de presse révèle des pratiques douteuses
Le 4 août 2026, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a mis en lumière le cas de Bally Bagayoko, édile LFI à la tête de Saint-Denis. L’investigation pointe du doigt un possible cumul de deux emplois dans le secteur public, une pratique formellement interdite par la législation en vigueur.
Selon les révélations du journal, l’intéressé aurait occupé simultanément un mandat électif local et un poste de cadre à la RATP. À certaines périodes, il aurait même exercé en parallèle les fonctions de vice-président au sein du conseil départemental.
Des revenus qui soulèvent des questions
Les informations publiées font également état d’une évolution salariale pour le moins spectaculaire. Après la perte de son siège départemental en 2015, Bally Bagayoko aurait bénéficié d’une hausse de 102 % de ses indemnités en tant qu’adjoint municipal.
Par la suite, sa rémunération en tant que cadre au sein de la régie de transports parisiens aurait franchi le seuil des 6 000 euros mensuels, selon les éléments rapportés par l’enquête.
Une plainte aux accusations multiples
L’association AC!! Anti-Corruption n’a pas tardé à réagir. Elle a officiellement déposé plainte contre le maire, visant plusieurs infractions présumées : détournement de fonds publics, emploi fictif, prise illégale d’intérêts, favoritisme, manquement à la probité, ainsi que cumul irrégulier d’activités publiques.
Éric Halphen, président d’honneur de l’association, a justifié cette démarche en rappelant la mission de l’organisation : alerter le Parquet national financier dès lors que des faits illégaux sont suspectés.
Une défense axée sur la victimisation politique
Bally Bagayoko n’a pas souhaité commenter directement la plainte déposée à son encontre. Toutefois, il a pris la parole sur le réseau social X pour dénoncer une « volonté de [le] discréditer politiquement ».
Dans son message, l’élu pointe du doigt ce qu’il considère comme des attaques orchestrées par « l’entourage de l’ancien maire socialiste de Saint-Denis », Mathieu Hanotin, son prédécesseur à la mairie.
Appel à la transparence de la RATP
Valérie Pécresse, à la tête d’Île-de-France Mobilités, a profité de cette affaire pour exiger des éclaircissements. Elle réclame une transparence totale concernant la politique de recrutement de la RATP, afin de lever toute suspicion sur d’éventuels emplois fictifs au sein de l’entreprise publique.
De son côté, la régie des transports parisiens a fait savoir qu’elle se tenait à la disposition de la justice pour transmettre tous les éléments nécessaires si la plainte devait donner lieu à des poursuites.
