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Les décisions judiciaires concernant les auteurs d’actes terroristes suscitent régulièrement de vifs débats dans l’opinion publique. Lorsqu’il s’agit de permissions de sortie accordées à des condamnés impliqués dans des attaques meurtrières, la controverse prend une ampleur particulière. C’est exactement ce qui vient de se produire en Belgique, où un homme condamné pour son rôle dans les attentats de novembre 2015 bénéficie désormais de sorties temporaires.
Six permissions accordées à Mohamed Bakkali
Le tribunal de l’application des peines de Bruxelles a pris une décision qui fait grand bruit : Mohamed Bakkali a obtenu six permissions de sortie d’une durée de 36 heures chacune. Cette mesure est désormais définitive et le directeur de l’établissement pénitentiaire doit obligatoirement la mettre en application.
L’homme purge actuellement de lourdes condamnations. Il a écopé de 30 ans de réclusion criminelle pour avoir mis à disposition des terroristes des logements et des véhicules lors des attentats parisiens. À cette peine s’ajoute une condamnation de 25 ans de prison pour sa participation à la tentative d’attentat dans le train Thalys la même année.
Une décision judiciaire contestée mais irrévocable
Le parquet de Bruxelles n’a pas caché son opposition à cette mesure. Toutefois, ses représentants ont dû admettre leur impossibilité légale de contester cette décision par la voie de l’appel. Le cadre juridique actuel ne leur permet pas d’intervenir dans ce type de procédure.
La ministre de la Justice, Annelies Verlinden, a tenu à apporter des précisions. Elle a souligné que ces autorisations ont été délivrées après un examen minutieux et sont assorties de conditions strictes. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une première pour le condamné, qui avait déjà bénéficié de permissions similaires auparavant.
La classe politique dénonce une banalisation du terrorisme
Une réaction virulente de la droite
Du côté des formations politiques de droite, la colère est palpable. Le député Denis Ducarme, membre du Mouvement Réformateur, a vivement critiqué cette autorisation. Il y voit une « banalisation du terrorisme » et estime que la justice belge envoie un signal inquiétant.
Une proposition législative en préparation
Face à cette situation, l’élu propose une modification du cadre légal. Son objectif : permettre au parquet d’interjeter appel dans les dossiers impliquant des « crimes terroristes ». Cette initiative vise à éviter que de telles décisions ne puissent être prises sans possibilité de recours pour le ministère public.
Cette affaire ravive les tensions autour de la gestion des détenus condamnés pour terrorisme et interroge sur l’équilibre entre réinsertion progressive et sécurité collective.
