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Dans un petit village mayennais, une expérience démocratique inédite bouleverse les codes de la gouvernance locale. Deux élues ont choisi de partager un mandat habituellement exercé par une seule personne, créant un modèle collaboratif qui inspire aujourd’hui d’autres communes.
Un binôme inédit à la tête de la commune
À La Bazouge-de-Chemeré, village de près de 500 habitants, Marie Mandelli et Laurys Daligault exercent ensemble les fonctions de maire. Cette configuration atypique repose sur une gouvernance partagée mise en place depuis l’élection municipale de 2022.
Si Marie Mandelli détient officiellement le titre de maire, Laurys Daligault, élue deuxième adjointe, partage intégralement les responsabilités avec elle. Un dispositif rare en France, où seulement quinze expériences similaires ont été recensées.
Une organisation pensée pour la collaboration
Le secret de cette réussite réside dans une connaissance mutuelle approfondie et un partage de valeurs communes entre les deux femmes. L’absence d’ego constitue un pilier fondamental de leur collaboration quotidienne.
L’ensemble du conseil municipal s’inscrit dans cette dynamique participative. Les onze élus disposent chacun d’une délégation et s’investissent activement dans les différents projets communaux.
La Fabrique, un outil d’harmonisation
Pour garantir la cohérence des décisions, la municipalité a créé « La Fabrique », un espace de discussion permettant d’harmoniser les positions avant chaque vote du conseil municipal. Cette instance favorise le dialogue et la transparence.
Les élus ont suivi une formation spécifique et appliquent un cadre de fonctionnement strict, basé sur des principes d’« écoute », « franchise » et « honnêteté ». Cette méthode exige engagement et clarté dans les échanges.
Les limites du cadre légal actuel
Malgré son efficacité, ce mode de gouvernance se heurte à l’absence de cadre juridique officiel. Les situations administratives imposent parfois des choix contraignants.
Lors des réunions préfectorales par exemple, une seule personne peut représenter la commune, obligeant le binôme à désigner un interlocuteur unique face à l’administration.
Une rémunération équitablement répartie
Chacune des deux maires perçoit une indemnité mensuelle de 1 000 euros. Les adjoints touchent 250 euros, tandis que les conseillers municipaux reçoivent 50 euros par mois.
Un modèle qui fait des émules
La réaction des habitants demeure globalement positive, même si quelques doutes subsistent face à cette innovation démocratique. L’expérience suscite néanmoins un intérêt croissant au-delà des frontières communales.
Cinq autres communes de Mayenne observent attentivement ce modèle et envisagent de s’en inspirer pour leur propre fonctionnement. Une reconnaissance qui valide la pertinence de cette approche collaborative.
Marie Mandelli résume leur démarche avec conviction : « Nous avons ouvert une voie. »
