
Crédit image @adobe stock / Calculer crédit d'impôts
Dans sa volonté de reprendre la main sur les dépenses publiques, le gouvernement s’apprête à réviser l’un des avantages fiscaux les plus utilisés par les ménages aisés : le crédit d’impôt pour les services à la personne. Longtemps considéré comme un levier de soutien à l’emploi, il est aujourd’hui perçu comme un poids budgétaire mal réparti. Une réforme est désormais sur la table.
Une dépense fiscale qui explose
Le chiffre donne le ton : 6,7 milliards d’euros en 2023. C’est ce qu’a coûté le crédit d’impôt pour les services à la personne à l’État, contre 3 milliards en 2011. Et ce n’est pas fini : +10 % de hausse attendue pour 2024. Ce rythme exponentiel fait du dispositif l’une des niches fiscales les plus coûteuses.
Dans un contexte de déficit public prévu à 5,4 % du PIB en 2025, cette dérive inquiète à Bercy. Objectif : ramener ce chiffre à 4,6 % dès 2026. Pour y parvenir, plusieurs avantages fiscaux vont être réexaminés, dont celui-ci.
Un outil à l’efficacité contestée
Derrière l’intention initiale – favoriser l’emploi à
domicile et alléger la charge des familles – le bilan
reste mitigé.
👉 Le volume d’heures de travail dans ce secteur a reculé de
9 % depuis 2011, malgré l’argent injecté.
👉 Les activités essentielles, comme l’aide aux
personnes dépendantes ou la garde d’enfants, restent mal
couvertes.
La Cour des comptes et le Conseil des prélèvements obligatoires jugent l’impact global faible au regard des moyens engagés.
Une niche qui profite d’abord aux plus riches
Autre point noir : l’inégalité d’accès.
🔸 Plus de 60 % des bénéficiaires ont un revenu
fiscal supérieur à 100 000 € par an.
🔸 Et trois quarts des montants défiscalisés concernent des
services de confort (ménage, jardinage…), loin des
urgences sociales.
Les classes populaires, quant à elles, y recourent très peu, faute de moyens d’avance ou d’accès à l’information.
Des objectifs flous, une gestion éclatée
Pourquoi un tel décalage ? Le système repose sur plusieurs justifications : lutte contre le travail au noir, soutien aux familles, relance de l’économie, etc. Résultat : aucun indicateur clair ne permet d’en mesurer l’efficacité réelle.
À cela s’ajoute une gouvernance confuse, répartie entre la DGAFP et la DGE, sans coordination stratégique. Ce flou renforce l’impression d’un dispositif mal piloté, mal ciblé, et peu efficient.
Ce que prépare l’exécutif
Face à ces constats, une réforme est désormais sur la table pour le budget 2026. La ministre Amélie de Montchalin envisage de réserver le crédit d’impôt aux situations réellement prioritaires :
- Jeunes parents isolés
- Personnes en perte d’autonomie
- Familles modestes confrontées à des contraintes lourdes
En parallèle, les services non essentiels (ménage, cours particuliers, jardinage) pourraient sortir du champ d’éligibilité ou voir leur avantage fiscal fortement réduit.
Une réforme à hauts risques
Cette transformation pourrait faire grincer des dents, en particulier chez les classes moyennes et aisées qui en sont les principaux bénéficiaires. Le gouvernement devra donc arbitrer entre justice fiscale, efficacité sociale et équilibre politique, sans risquer de fragiliser un secteur qui emploie des dizaines de milliers de personnes.
Un chantier complexe, mais inévitable.

Aute piste:
taxer davantage la pléthore d’argent des chaines télévisées:agent de la publicité,celui distribué aux jeux et celui proposé par appels téléphoniques
c’est sur que cela ne profites pas aux smicards ! 🙂
Cette niche favorise les plus riches et devrait être étalonner selon les revenus du foyer !
Encore un système à repenser pour être juste…
Attention aux éventuels pertes d’emploi pour les primo-employeurs
J’ai bientôt 79 ans, pas en très bonne santé mais pas assez malade pour m’être décidée à recourir à des aides. Mon mari a eu un AVC dont il a gardé des séquelles mais pas assez pour m’être décidée à recourir à des aides … Je reporte cette échéance car je pense que des plus atteints que nous auront cette possibilité. Depuis des années à cause de ma santé, j’ai recours à une personne qui vient nous faire le ménage tous les 15 jours pendant 3 heures et je la déclare par le CESU. Il nous a déjà été fait une réduction du crédit d’impôts qui est à 50% du salaire versé et que je ne trouvais pas très juste. Nos fonctionnaires sont-ils incapables au point de ne pas savoir supprimer cette « aide » aux gens riches qui en profitent tous les jours et laisser aux « petites gens » et aux personnes âgées, ce qui est une nécessité pour éviter d’aller en maison de retraite puisqu’ils leur manque la force de tout faire dans leur domicile ? Où va notre gouvernement qui ne réfléchit pas aux conséquences à moyen terme de ses actes ? Je ne fais pas de politique mais j’espère depuis de nombreuses années que des personnes capables nous gouvernent et cessent de réparer les pots cassés par leurs prédécesseurs et en cassent actuellement autant si ce n’est en plus grave ….
Il y a intérêt que les gens aisés ne devraient plus avoir de crédit d’impôt, je suis horrifié de savoir que jusqu’ici ils en ont profité, c’est honteux, tous les ministres, les sénateurs, les députés, les préfets, les procureurs, tous les hauts fonctionnaires etc, etc, tous ceux qui dépassent un certain seuil……
Je suis entièrement d’accord pour mettre un plafond certains foyer riches peuvent payer frais de ménage etc… avec leurs deniers.Par contre il faut conserver les aides d’entretiens de la maisons pour les personnes âgées si cela peut permettre d’éviter de surcharger les maisons de retraites ehpad etc…en tenant compte des revenus.
Et allons-y !!! Il y a pourtant d’autres solutions pour faire des économies !!! Combien nous coûte le pognon envoyé aux pays africains, à la Pologne et même à la Chine pour l’aide au développement ??? Bien entendu il y a aussi d’autres pistes, mais c’est plus facile de matraquer les contribuables !!!
Impossible pour le gouvernement et l ‘Etat de baisser le montant de ses dépenses . Les fonctionnaires d Etat toujours plus nombreux en réalité malgré les promesses (il faut aussi prévoir les retraités de la fonction publique, 20 ans et plus ) ont un cout croissant pour les Français
Solution géniale ; augmenter les impôts donc baisser le pouvoir d’ achat des Français , donc baisse des revenus générés par la TVA. Il faut être Enarque ou avoir fait les Grandes Ecoles pour pondre une telle stupidité économique à long terme ce qui va entrainer une augmentation du chômage et de ses indemnisations non gratuites. Un diplomé du Certificat d’ Etudes ou du BEPC ne ferait pas une telle ineptie contre productive. Les sociétés de services vont ,soit débaucher soit déposer le bilan pour un grand nombre d’entre elles. Un grand bravo aux élites …