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La métropole québécoise a été le théâtre d’un drame sanglant en plein jour. Une fusillade a coûté la vie à trois personnes dans un quartier animé, plongeant la ville dans la stupeur et ravivant les débats sur la sécurité publique.
Trois morts dans un quartier sensible
Le lundi 22 juin, en plein milieu de journée, le quartier de Côte-des-Neiges à Montréal a été le théâtre d’une violente fusillade. Trois personnes ont perdu la vie : un policier, un civil et l’assaillant, abattu lors de l’intervention des forces de l’ordre.
Le policier décédé a été identifié comme Mohamed Lamine Benredouane, âgé de 34 ans. Il s’agit du premier agent tué en service depuis 24 ans dans la métropole québécoise. La victime civile, Michael Moshe Mizrahi, est décrite comme « un membre bien-aimé de la communauté juive de Montréal » et une « victime innocente ».
Une policière a également été grièvement blessée par les tirs, mais ses jours ne sont heureusement pas en danger.
Un échange de tirs meurtrier
L’alerte a été donnée par un témoin qui a signalé par téléphone la présence d’une personne armée d’un fusil. Les forces de l’ordre se sont rapidement déployées dans ce secteur de l’ouest de Montréal, connu pour ses nombreux commerces et restaurants juifs.
Danny Wilk, un résident du quartier, a livré un témoignage glaçant : « J’étais dans la rue près de chez moi quand j’ai entendu un tir, puis plusieurs tirs ». Il a poursuivi : « J’ai vu le tireur, qui semblait prêt à tirer avec son arme, en vêtement militaire. Puis j’ai vu le policier, qui semblait déjà mort. J’étais comme paralysé. Puis le tireur s’est déplacé et a été tué à son tour. Tout ça est arrivé très vite. »
Un important dispositif de sécurité déployé
Un imposant déploiement policier a été mis en place un peu avant midi, soit vers 16h00 GMT. Les résidents ont été appelés à demeurer confinés chez eux et l’autoroute urbaine voisine a été fermée à la circulation.
Le périmètre de sécurité n’a été levé que plus de trois heures après le début de l’intervention.
Un mobile encore indéterminé
Les autorités restent prudentes quant aux motivations du tireur. Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure du Québec, a précisé : « Pour l’instant, on ne connaît pas le mobile derrière tout ça ».
Selon le diffuseur public Radio Canada, l’assaillant aurait laissé un manifeste « incel ». Cette mouvance regroupe des hommes célibataires qui se prétendent rejetés par les femmes, qu’ils jugent responsables de leur célibat. En 2018, un homme lié à cette idéologie avait tué 11 personnes, majoritairement des femmes, lors d’une attaque à Toronto.
Une communauté juive inquiète
Getzel Markowitz, rabbin du quartier, a souligné que les tirs se sont produits « au cœur de la communauté juive » mais que « cela n’est pas vraiment vu comme une attaque sur la communauté juive, même si nous nous demandons pourquoi c’est cette zone » qui a été visée.
Émoi et solidarité des autorités
Le chef de la police de Montréal, Fady Dagher, n’a pas caché son émotion. Il a déclaré que c’était la « première fois depuis 2002 qu’un agent de police de Montréal était tué dans l’exercice de ses fonctions ». Il a ajouté : « C’est une journée très, très triste », qualifiant la situation de « cauchemar ».
Mark Carney, Premier ministre du Canada, s’est dit « consterné » sur X (anciennement Twitter) et a exprimé sa « reconnaissance » envers les « courageux policiers ».
Christine Fréchette, Première ministre du Québec, a appelé à la retenue en assurant qu’il était « essentiel de laisser les autorités faire leur travail » et qu’il fallait « éviter toute spéculation ».
Soraya Martinez Ferrada, Maire de Montréal, a adressé ses « plus sincères condoléances à la famille, aux proches et aux collègues du policier décédé en service ».
