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Malgré l’adoption de la mesure dans le budget 2024 de la Sécurité Sociale, le remboursement des protections menstruelles réutilisables se fait toujours attendre. Une situation qui provoque l’incompréhension et la colère des fabricants français, alors que la précarité menstruelle touche des millions de femmes dans l’Hexagone.
Une mesure votée mais toujours pas appliquée
Le budget 2024 de la Sécurité Sociale prévoit clairement le remboursement des protections périodiques durables pour les femmes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, sans limite d’âge. Pourtant, plusieurs mois après son adoption, aucune mise en œuvre concrète n’a été constatée, alors même que le décret nécessaire serait déjà rédigé.
Cette situation paraît d’autant plus incompréhensible que tous les éléments semblent réunis pour une application immédiate : le budget a été voté, le cadre réglementaire préparé, et les produits sont disponibles sur le marché.
La mobilisation des fabricants français
Face à cette inertie administrative, plusieurs fabricants de protections menstruelles réutilisables ont décidé de passer à l’action. Léocadie Raymond, Pauline de Sentenac et Marion Goilav comptent parmi les entrepreneurs qui ont interpellé directement le gouvernement.
Une lettre ouverte sans réponse
Le 13 janvier dernier, ces fabricants ont adressé une lettre ouverte à différents ministères concernés. Cette démarche est restée sans réponse à ce jour, renforçant le sentiment de ne pas être entendus malgré l’urgence de la situation.
La réaction d’Aurore Bergé
Face à la pression grandissante, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a fini par réagir. Elle a reconnu un « retard (…) pas acceptable » dans la mise en œuvre de cette mesure sociale importante.
La ministre s’est également engagée à ce que les promesses soient tenues « avant la fin de l’année » 2025, un délai qui semble bien long aux yeux des fabricants et des bénéficiaires potentielles.
Un enjeu de santé publique majeur
Cette lenteur administrative contraste fortement avec l’urgence sociale de la situation. D’après les chiffres officiels communiqués par le gouvernement le 28 mai dernier, quatre millions de femmes en France souffrent de précarité menstruelle et manquent d’accès à des protections périodiques adaptées.
Le remboursement des protections réutilisables représenterait non seulement une avancée sociale importante, mais aussi une solution écologique face aux produits jetables qui génèrent d’importantes quantités de déchets.
Un double bénéfice attendu
L’application effective de cette mesure permettrait à la fois de répondre à une problématique sociale criante et de soutenir une filière économique française innovante, tout en favorisant des solutions plus respectueuses de l’environnement.
Pour les femmes concernées, c’est aussi la promesse d’un accès facilité à des protections de qualité, plus saines et économiques sur le long terme.
