
38.477 signalements de disparitions de mineurs, soit une moyenne de 105 enfants portés disparus chaque jour en 2024 ©AdobeStock
Ce chiffre, en baisse de 6,1% par rapport à 2023, marque la première fois depuis 2021 que le nombre de disparitions signalées passe sous la barre des 40.000. Cependant, cette diminution ne doit pas occulter la complexité croissante des cas recensés. Ainsi, les fugues représentent la majorité des disparitions de mineurs, avec 36.439 cas signalés en 2024, soit 95% du total. Bien que leur nombre ait diminué de 6,7% par rapport à l’année précédente, une tendance préoccupante se dessine. En effet, les enfants concernés sont de plus en plus jeunes. Ainsi, 38,2 % des fugueurs avaient moins de 15 ans.
Augmentation des disparitions inquiétantes
Les principales causes identifiées incluent les conflits familiaux (27%), l’influence de tiers (26%) et la délinquance ou les mauvaises fréquentations (12%) selon la fondation Droit d’Enfance. Un aspect particulièrement alarmant concerne les jeunes filles en fugue. Effectivement, une exploitation sexuelle est suspectée ou avérée dans près de 32% des dossiers les concernant . Ces situations soulignent la nécessité d’une vigilance accrue et d’une prise en charge adaptée pour prévenir de tels risques.
Contrairement à la baisse des fugues, les disparitions qualifiées d’inquiétantes sont en hausse. D’ailleurs, en 2024, 1.373 cas ont été recensés, soit une augmentation de 9,1 % par rapport à 2023. Près de la moitié de ces disparitions concernent des enfants de moins de 15 ans. Il est à noter que la qualification de «disparition inquiétante» dépend de l’appréciation des autorités et n’est pas définie de manière uniforme.
Le rapport annuel de 116 000 Enfants Disparus souligne également que les enfants placés sous la responsabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont particulièrement concernés. À savoir que cela représente près d’un dossier sur cinq. Par conséquent, les signalements pour ces enfants sont souvent tardifs. La raison invoquée est notamment un manque de personnel disponible dans les structures d’accueil pour effectuer les démarches nécessaires.
Enlèvements parentaux: une problématique persistante
Les enlèvements parentaux demeurent une source significative de disparitions de mineurs. Ainsi, en 2024, 665 cas ont été signalés. C’est un chiffre stable par rapport à l’année précédente. Il est à noter que près de la moitié des enfants concernés avaient moins de 5 ans. Parmi les 428 dossiers ouverts par le 116 000, 227 impliquaient des enlèvements vers l’étranger, touchant plus de 50 pays sur cinq continents. Ces situations sont souvent complexes et longues à résoudre, en particulier lorsqu’elles impliquent des juridictions étrangères.
Renforcement des dispositifs d’alerte et de soutien
Face à l’ampleur du phénomène, le numéro d’urgence européen 116 000, géré en France par la fondation Droit d’Enfance, a enregistré une hausse de 18,1% des appels en 2024. Ceux-ci totalisent 41.564 sollicitations. Au total, 1.351 dossiers ont été traités, dont 440 étaient encore ouverts au 31 décembre 2024. Pour sensibiliser le public et collecter des fonds, un événement caritatif en ligne, « Stream On for Kids », sera organisé du 28 au 31 mai sur la plateforme Twitch. La précédente édition avait permis de récolter 23.542 euros, destinés à financer des actions de prévention et de soutien aux familles. Le 116 000 reste accessible 24h/24 et 7j/7 pour accompagner les familles confrontées à la disparition d’un enfant.
